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Diplomatie

Élections en Haïti : le chargé d’affaires américain dit non aux candidats sous sanctions

Port-au-Prince, 18 juin 2026-Le chargé d’affaires américain en Haïti, Henry Wooster, a fixé une ligne rouge à deux mois des élections. Dans une interview accordée au Nouvelliste le 17 juin, le diplomate a affirmé ne pas souhaiter voir des personnes sanctionnées par les États-Unis participer au scrutin, tout en appelant à une « réflexion sérieuse » sur le sujet en Haïti.

Henry Wooster a d’abord tenu à rappeler le principe de souveraineté. « Les États-Unis ne doivent pas décider des candidats aux élections en Haïti », a-t-il insisté. Cette responsabilité, a-t-il martelé, revient exclusivement aux autorités nationales et aux électeurs haïtiens. Washington ne veut pas être accusé d’ingérence directe dans la composition des listes électorales.

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Le diplomate a néanmoins exprimé une position claire sur le fond. La participation de personnes visées par des sanctions américaines « ne serait pas souhaitable dans le cadre du processus électoral », a-t-il déclaré. L’enjeu, selon lui, est la crédibilité des futurs dirigeants et la confiance des citoyens comme des partenaires internationaux dans le scrutin à venir.

Pour éviter tout malentendu, Henry Wooster a pris soin de distinguer deux régimes juridiques. Il a souligné la différence entre les sanctions administratives imposées par Washington et les décisions judiciaires prises par les institutions haïtiennes. « Deux systèmes fondés sur des logiques juridiques distinctes », a-t-il précisé, qui ne doivent pas être confondus dans le débat public.

Cette clarification vise à répondre aux critiques qui accusent les États-Unis de vouloir dicter la justice haïtienne. Selon le chargé d’affaires, comprendre cette distinction est « essentiel pour permettre une meilleure compréhension des critères qui entourent certaines restrictions internationales » et éviter d’alimenter la confusion politique.

Le contexte rend cette mise au point sensible. Plusieurs figures politiques et hommes d’affaires haïtiens sont aujourd’hui sous sanctions du Trésor américain pour corruption, blanchiment ou liens présumés avec les gangs armés qui contrôlent une large partie de la capitale. Leur éventuelle candidature cristallise les tensions.

Henry Wooster estime que la question « mérite une réflexion approfondie en Haïti ». Dans un pays où la transparence et la confiance dans le processus électoral restent « des enjeux majeurs pour l’avenir politique », le message américain est donc double : pas d’ingérence sur les noms, mais un avertissement clair sur les profils jugés incompatibles avec un scrutin crédible aux yeux de Washington et des bailleurs internationaux.

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