Le tribunal criminel de Petit-Goâve, siégeant sans assistance de jury, a rendu son verdict ce jeudi 31 juillet dans l’affaire de l’assassinat du policier Khadafi Safyr. Trois hommes, Casimir Lauture, Michelson Blanc et Sylvestre Camille Adrace, ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de 7, 5 et 2 ans de réclusion criminelle. Adrace a toutefois été libéré, sa peine considérée comme partiellement purgée en vertu de la loi Lespinasse.
Ce procès, très attendu depuis près de cinq ans, suscite de vives critiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent l’absence de jury, la durée excessive de la procédure et la légèreté des peines prononcées. À leurs yeux, la justice n’a pas été rendue à la hauteur de la gravité des faits, et l’État n’a pas suffisamment démontré sa volonté de lutter contre l’impunité.
Khadafi Safyr, instructeur émérite de l’unité SWAT de la Police Nationale d’Haïti, a été tué le 2 septembre 2020 sur la route nationale numéro 2, à Grand-Goâve. Selon les informations disponibles, ses agresseurs auraient délibérément crevé un pneu de son véhicule pour l’intercepter. Son assassinat avait provoqué une vive émotion dans les rangs de la PNH et au sein de la société haïtienne.
Si le jugement clôt formellement la phase judiciaire, le sentiment d’inachevé demeure. Pour nombre d’observateurs, ce dossier reflète les fragilités du système judiciaire haïtien, particulièrement lorsqu’il s’agit de traiter des affaires impliquant des agents de l’ordre. L’affaire Khadafi Safyr reste, pour beaucoup, le symbole d’un procès à la fois trop tardif et trop discret.
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