Le représentant du secteur privé au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a officiellement pris la tête de l’instance ce jeudi 7 août, lors d’une cérémonie de passation à la Villa d’Accueil. Il succède à Fritz Alphonse Jean pour les cinq mois restants de la transition. Dans son discours, le nouveau président du CPT a mis en avant l’urgence de restaurer la sécurité, condition préalable, selon lui, à toute perspective électorale.
« L’heure n’est plus aux beaux discours, mais à l’action », a-t-il déclaré devant les membres du Conseil, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et plusieurs officiels, dont le président du CSPJ, Jean Joseph Lébrun. Laurent Saint-Cyr s’est engagé à renforcer l’unité au sein du CPT, à dialoguer avec les forces vives de la nation et à intensifier la lutte contre les groupes armés. Mais derrière ces engagements, une réalité demeure : organiser des élections générales dans les cinq mois à venir relève d’un véritable tour de force.
Le processus électoral, en l’état, n’est pas encore enclenché. Le Conseil Électoral Provisoire n’est pas totalement constitué, aucun calendrier n’a été annoncé, et les conditions de sécurité ne permettent pas le déploiement des opérations sur l’ensemble du territoire. Dans plusieurs départements, des zones entières sont toujours sous l’influence de groupes armés, rendant tout recensement ou campagne électorale impossible.
Dans ce contexte, le défi logistique s’ajoute à une défiance généralisée. La population, éreintée par les crises successives, exprime peu d’enthousiasme pour des élections qui, selon certains, risquent d’être précipitées et peu crédibles. Les partenaires internationaux, eux, pressent les autorités de respecter le cap électoral, tout en avertissant contre les risques d’un scrutin bâclé. La pression monte, mais les conditions minimales ne sont toujours pas réunies.
Laurent Saint-Cyr, dont le profil technocratique rassure certains acteurs économiques, devra composer avec un appareil d’État affaibli, des ressources limitées et des divergences au sein même du Conseil. Sa capacité à nouer des alliances, à accélérer les réformes essentielles et à imposer un cap clair dans un délai aussi restreint sera déterminante.
À cinq mois de l’échéance fixée, la question reste entière : des élections peuvent-elles véritablement avoir lieu dans un pays encore sous tension ? Le nouveau président du CPT a hérité d’un mandat à haut risque. Le temps joue contre lui, la crise sécuritaire persiste, et l’exigence démocratique, elle, ne peut être repoussée indéfiniment.
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