L’économiste Fritz Alphonse Jean a annoncé qu’il remettra la présidence tournante du Conseil présidentiel de transition (CPT) à l’homme d’affaires Laurent Saint-Cyr, représentant du secteur privé, à compter du 7 août 2025. Ce passage de témoin s’inscrit dans le cadre de la rotation convenue entre les membres du Conseil.
Cette relève survient dans un contexte où l’autre sommet de l’exécutif, la Primature, est également occupé par un acteur du secteur privé, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour de nombreux observateurs, cette double présence d’hommes d’affaires à la tête de l’État traduit un basculement significatif dans les équilibres politiques du pays.
La concentration du pouvoir exécutif entre les mains de représentants du secteur privé soulève des inquiétudes, d’autant que certains de leurs pairs sont visés par des sanctions internationales pour leur implication présumée dans la déstabilisation du pays. D’autres pourraient prochainement faire l’objet de poursuites judiciaires à l’étranger.
Cette configuration nourrit des appréhensions au sein des partis politiques, des organisations de la société civile et de divers intellectuels, qui redoutent une captation du pouvoir au profit d’intérêts privés. Les clivages sociaux et historiques liés aux inégalités de classe et de couleur ravivent également les tensions.
Dans ce climat chargé, le nouveau coordonnateur du Conseil présidentiel, Laurent Saint-Cyr, devra faire preuve de sens politique pour rassurer, fédérer et garantir que cette transition demeure inclusive, transparente et fidèle à l’esprit de refondation promis à la nation.
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