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Culture

Affaire Guerrier Henri : SOS Journalistes dénonce une persécution politique

Dans une déclaration publique, l’organisation de défense de la liberté de la presse SOS Journalistes a exprimé sa vive inquiétude face aux graves accusations portées par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) contre le journaliste Guerrier Henri, actuellement recherché pour affiliation à un gang, enrichissement illicite et blanchiment des avoirs.

Selon l’organisme, ces accusations relèveraient d’une stratégie de persécution politique orchestrée par les autorités en place contre un professionnel reconnu pour ses prises de position critiques et son indépendance éditoriale. « Il s’agit d’une attaque grave, délibérée et caractérisée contre la liberté de la presse », déclare SOS Journalistes, tout en appelant au respect des droits fondamentaux du journaliste.

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L’organisation rappelle qu’en novembre 2024, sur instruction du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le CONATEL avait décidé de suspendre pendant huit mois l’émission “Boukante Lapawòl”, animée par Guerrier Henri sur les ondes de Radio Méga, pour diffusion présumée de messages favorables aux gangs armés. Une décision que SOS Journalistes qualifie d’arbitraire. « Le journaliste a été potentiellement victime de l’animosité des autorités, qui ont tenté à plusieurs reprises de procéder abusivement à son arrestation », indique l’organisation.

Joint par SOS Journalistes, Guerrier Henri rejette catégoriquement les accusations, qu’il qualifie de « mensongères et méchantes ». Malgré tout, il affirme sa disposition à collaborer avec la DCPJ, malgré les suspicions d’instrumentalisation politique du dossier.

SOS Journalistes demande aux autorités de produire des preuves tangibles, vérifiables et irréfutables, avant de porter de telles accusations, qui peuvent entacher la réputation d’un journaliste et compromettre gravement sa sécurité.

L’organisation critique également le deux poids, deux mesures appliqué par les autorités : tandis que Guerrier Henri est attaqué pour avoir interviewé des chefs de gang, des journalistes étrangers ont pu, sans être inquiétés, réaliser des reportages similaires dans des zones contrôlées par des groupes armés. « Journalistes haïtiens et étrangers sont tous appelés à faire le même travail. Les stigmatisations sélectives sont inacceptables », martèle SOS Journalistes. Tout en réaffirmant son attachement aux règles éthiques du métier, SOS Journalistes insiste sur le fait que le journalisme n’est pas un crime, et qu’aucune autorité ne doit utiliser sa position pour bâillonner les voix critiques.

Pour clore, l’organisation avertit qu’elle surveillera étroitement le déroulement de l’enquête et ne tolérera aucun abus des droits du journaliste. Elle prévient que les auteurs d’éventuelles violations devront en répondre devant la justice.

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Jean Rony Poito PETIT FRERE

Journaliste

Journaliste-rédacteur & professeur de sciences sociales. Passionné de la rédaction.

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