Port-au-Prince, 5 août 2025 – Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a vivement réagi à la mort tragique de Natacha Désir, une femme haïtienne de 35 ans, décédée en République Dominicaine avec son bébé au moment de l’accouchement.
Dans un communiqué publié le 4 août 2025, l’organisation de défense des droits humains dénonce des négligences médicales et un traitement inhumain infligé aux femmes migrantes haïtiennes dans les hôpitaux dominicains.
Le drame s’est produit le 30 juillet dernier à l’hôpital municipal de Verón, à Punta Cana. Selon les informations recueillies par le GARR, Natacha Désir a été admise la veille pour accoucher, mais a dû attendre plusieurs heures sans prise en charge médicale. D’après les témoignages de son mari, Yonel Verre, l’intervention chirurgicale est arrivée trop tard. Leur enfant, né par césarienne, n’a pas survécu, et la mère est décédée quelques heures plus tard.
« Le personnel médical a ignoré les signes d’alerte, malgré les sollicitations du mari », déplore le GARR. L’organisation parle d’une négligence manifeste, doublée d’une politique de stigmatisation visant les femmes haïtiennes enceintes en territoire dominicain. Elle rappelle que depuis avril 2025, des mesures migratoires dominicaines visent exclusivement les femmes haïtiennes enceintes, souvent interdites d’accès aux hôpitaux publics.
Ce drame fait écho à d’autres cas récents, comme celui de Lourdia Joseph, décédée dans des circonstances similaires en mai dernier, après avoir redouté d’aller accoucher dans un hôpital dominicain par crainte d’être arrêtée ou expulsée.
Le GARR s’insurge contre ces politiques qu’il qualifie de « racistes, inhumaines et indignes » et interroge : « Si la patiente avait été dominicaine, aurait-elle reçu le même traitement ? »
L’organisation exige l’ouverture immédiate d’une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de ce double décès, et appelle le ministère haïtien des Affaires étrangères à accompagner la famille endeuillée dans sa quête de justice. Elle demande également aux autorités haïtiennes de garantir à leurs citoyens les conditions de vie nécessaires dans leur propre pays afin d’éviter ces drames à l’étranger.
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