« La FRG n'a pas dans son mandat des tâches spécifiques pour la préparation des élections ». La déclaration est de Diego Da Rin, ce mardi 29 septembre 2026 sur les ondes de Magik 9. Un an après le vote de la résolution 2793 consacrant le déploiement de la Force de Répression des Gangs, le responsable a tenu à clarifier le rôle de la force internationale dans le processus électoral en cours.
Selon Diego Da Rin, la sécurisation des opérations électorales n'est pas un objectif central de la mission. Il précise toutefois que le mandat de la FRG prévoit de « créer un environnement de sécurité qui permet aux autorités haïtiennes d'avancer dans une stabilisation plus vaste qui dépasse le simple rétablissement de la sécurité ». Un environnement qui, à terme, doit conduire à la tenue des élections.
Les priorités actuelles de la force restent la reconquête territoriale. « Les priorités pour la FRG sont de réduire les territoires contrôlés par les gangs, de sécuriser des infrastructures critiques dont certaines routes nationales », a confié Da Rin. Des priorités qui, selon lui, sont alignées avec les besoins de sécurisation du processus électoral, même si elles n'en constituent pas le cœur.
Car pour le responsable, l'impact sera indirect mais essentiel. « Ces priorités vont contribuer indirectement à un milieu sécuritaire plus adapté pour que des candidats puissent aller faire campagne dans certains territoires et que les millions de personnes qui habitent les territoires contrôlés par les gangs puissent aller voter sans être contraints ou intimidés », a-t-il expliqué.
Dans ce contexte, une décision majeure attend le gouvernement. Diego Da Rin a fait savoir que l'exécutif sera appelé à prendre une « décision difficile » dans les prochains jours. Si le scrutin du 13 décembre venait à être reporté, le gouvernement, de concert avec la FRG et les forces nationales, devra se fixer des objectifs concrets de sécurité pour établir « une estimation un peu plus réaliste d'un calendrier électoral qui puisse être respecté ».
« Les autorités haïtiennes devront prendre une décision sur la proportion de territoire qu'elles veulent reprendre des gangs dans différentes régions et se fixer des objectifs clairs et des perspectives réalistes, en prenant en compte les délais de déploiement et les délais de familiarisation des troupes avec la réalité sur le terrain », a-t-il insisté.
Dix ans après les dernières élections, le pays s'apprête à retourner aux urnes avec un Conseil électoral provisoire et un calendrier déjà établi. Le CEP a lancé l'inscription des candidats jusqu'au 9 octobre, tandis que 706 623 électeurs sont déjà inscrits au 29 septembre, sur des listes qui fermeront le 13 octobre. Un processus qui, depuis 2006, bénéficiait de l'appui logistique des forces onusiennes comme la MINUSTAH, chargée du transport des matériels sensibles. Des sources évoquent déjà de possibles modifications du décret électoral qui pourraient impacter le calendrier.
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