Le calcul est clair. Samedi 12 septembre à Delmas, le parti Fòs Chanjman Nasyonal (FCN) n'a pas seulement présenté ses candidats à la députation et aux cartels municipaux. Il a surtout annoncé son ticket gagnant espéré pour la présidentielle : Jean Ernest Muscadin.
Devant ses militants, le secrétaire général et président a.i. du parti, Jean Junior Rémy, dit Moskino, a été direct : le FCN est en pourparlers avec le puissant commissaire du gouvernement de Miragoâne pour qu'il porte ses couleurs. Une manière de s'offrir une notoriété instantanée à trois mois du scrutin prévu le 13 décembre.
Car le FCN le sait, dans un paysage politique atomisé avec des dizaines de partis, il faut un visage qui parle à la rue. Et Muscadin, avec son discours sans filtre contre les gangs, est l'une des figures les plus populaires du moment, surtout auprès d'une population lassée de l'insécurité.
À Delmas, Moskino a tenté de vendre bien plus qu'un candidat. Il a présenté la vision du parti, sa stratégie électorale, sa volonté de créer un nouveau lien avec les citoyens. Il a aligné ses futurs candidats locaux : députés, membres de cartel municipal, CASEC et ASEC. Mais tout cela a été éclipsé par le seul nom de Muscadin.
Le problème ? Le principal intéressé n'a rien dit. À ce stade, aucune annonce de Jean Ernest Muscadin confirmant son adhésion à cette démarche n'a été rapportée. Le commissaire, magistrat de carrière, n'a jamais officiellement déclaré vouloir se lancer dans la course présidentielle.
Reste à savoir si cette opération séduction va fonctionner. En s'affichant avec Muscadin, le FCN cherche à consolider ses structures et à attirer les électeurs en quête d'autorité. Mais sans l'accord de Muscadin, le parti risque de n'avoir présenté qu'un candidat fantôme.
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