Plus de 500 civils pris en otage pendant plusieurs heures à Petite-Rivière de l’Artibonite. C’est le prix qu’a payé la population pour obtenir, en retour, la libération de deux proches des gangs Palmiste et Gran Grif.
Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis samedi soir, des membres des deux groupes armés ont annoncé avoir séquestré des centaines de personnes en représailles à l’arrestation de deux des leurs, avant de les libérer une fois leur exigence satisfaite. Les deux personnes interpellées sont présentées comme proches des chefs de gangs. Il s’agit d’une nièce de Jonas, considéré comme le chef du gang de Palmiste, et d’Arnod, un chauffeur de taxi-moto qui l’accompagnait. Ce dernier serait le frère de Tekele, membre du gang de Gran Grif.
Ils ont été arrêtés dans la journée du samedi 26 septembre au centre-ville de Petite-Rivière de l’Artibonite par des membres de la coalition d’autodéfense, puis remis à des policiers du Corps de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). « Ils n’ont pas été conduits au commissariat de Petite-Rivière. Les policiers les ont maintenus dans une maison. Quand leurs familles se sont rendues au commissariat pour s’enquérir de leur situation, il leur a été rapporté qu’ils n’y étaient pas », a rapporté Bertide Horace, défenseure des droits humains, à la matinale de Magik 9 ce dimanche 27 septembre.
En représailles, les gangs ont mené une vaste opération de kidnapping collectif à Palmiste, dans la deuxième section communale de Petite-Rivière. Les otages étaient des paysans et commerçants qui se rendaient au marché de Pont-Sondé ou en revenaient. « Ils étaient plus de 500 personnes, des paysans et des paysannes qui allaient au marché de Pont-Sondé ou en revenaient, comme c’est le cas tous les samedis », a souligné Bertide Horace.
Selon la militante, face à la pression, les policiers de la BRI ont finalement décidé, tard samedi soir, de transférer les deux détenus au commissariat de Petite-Rivière avant de les libérer. « C’est une fois qu’elles ont rejoint leurs proches dans la localité de Palmiste que les bandits ont accepté de libérer les otages. Il était environ 1 heure du matin ce dimanche », a-t-elle expliqué.
Le bilan humain reste flou mais pourrait être lourd. Plusieurs personnes seraient mortes durant cette prise d’otages. Des photos de victimes, notamment des chauffeurs de taxi-moto, circulent depuis dimanche sur les réseaux sociaux. « Ils sont morts en essayant d’échapper aux membres des gangs », a précisé Bertide Horace.
Les faits illustrent une fois de plus l’emprise totale des groupes armés sur le Bas-Artibonite. Selon la défenseure des droits humains, les efforts déployés par les autorités n’ont permis de consolider leur présence que dans le Haut-Artibonite, laissant le Bas-Artibonite livré à la terreur des gangs.
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