L’ex-procureur spécial Jack Smith a de nouveau défendu mardi devant le Congrès ses poursuites pénales contre Donald Trump, déplorant des atteintes inédites à l’État de droit depuis le début du second mandat du président républicain.
Après l’élection de Donald Trump en novembre 2024, Jack Smith avait été contraint de mettre fin aux deux procédures fédérales qu’il instruisait contre lui, l’une pour tentatives illégales d’inverser les résultats de la présidentielle de 2020, l’autre pour rétention de documents classifiés après son départ de la Maison Blanche en 2021.
Il a réaffirmé mardi devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat, dominée par les républicains, sa conviction d’avoir pris les bonnes décisions « en tant que procureur spécial, y compris celles d’inculper le président Trump ». « J’ai pris ces décisions sans considération des affiliations politiques du président Trump, de ses convictions ou de sa candidature à l’élection présidentielle de 2024 », a assuré l’ex-procureur spécial.
« Nos investigations ont démontré au-delà du doute raisonnable que le président Trump avait commis de graves infractions contre notre pays », a-t-il souligné, précisant que sur la base des mêmes faits, il inculperait de nouveau un ancien président, que celui-ci « soit républicain ou démocrate ».
Jack Smith avait tenu des propos similaires lors d’une audition à huis clos devant la commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants en décembre 2025, puis lors d’une audition publique devant cette même commission en janvier. « Je suis persuadé que l’État de droit est confronté à des défis tels que nous n’en avons jamais connu de notre vivant. Des individus sont menacés de poursuites pénales parce qu’ils sont considérés comme s’étant opposés au président », a prévenu Jack Smith.
Il a dénoncé en particulier depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025 « le dénigrement des agents, des procureurs et du personnel » ayant travaillé dans son équipe, rappelant avoir été lui-même « menacé de prison par le président des États-Unis ». « Je reste néanmoins confiant dans le fait que l’État de droit perdurera parce que tant de personnes continuent à le servir fidèlement tous les jours dans notre système juridique », a confié l’ex-procureur.
Donald Trump et ses alliés républicains voient en Jack Smith l’incarnation d’une « instrumentalisation » de la justice à son encontre sous le démocrate Joe Biden.
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