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Politique

Haïti : des organisations politiques alertent sur une dérive du processus électoral et appellent au dialogue national

Port-au-Prince, 26 juin 2026 – La tension monte autour du processus électoral. Plusieurs organisations politiques et sociopolitiques ont publié jeudi 25 juin un communiqué commun pour exprimer leur « vive inquiétude » face aux incertitudes qui pèsent sur l’organisation des scrutins. Elles dénoncent aussi la dégradation continue des conditions de vie, marquée par l’insécurité persistante, la montée de la pauvreté, le chômage et l’expansion des groupes armés sur l’ensemble du territoire.

Selon les signataires, plusieurs initiatives attribuées au pouvoir exécutif suscitent des préoccupations quant à l’indépendance du Conseil Électoral Provisoire. Ils rappellent qu’une première tentative de modification au sein du CEP aurait été abandonnée après des critiques venues de différents secteurs. Mais ils estiment que d’autres décisions récentes vont dans le même sens et menacent l’équilibre institutionnel prévu pour organiser les élections.

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Le point central de leurs critiques vise la nomination, en Conseil des ministres, d’un directeur général doté de « larges prérogatives » au sein du CEP. Pour les organisations, cette mesure est « contraire à l’esprit de la Constitution de 1987 amendée » et risque de concentrer davantage le contrôle du processus électoral entre les mains de l’exécutif. Elles y voient un affaiblissement des garanties d’impartialité du CEP.

Le décret électoral adopté le 2 juin 2026 est également mis en cause. Les signataires estiment que le texte « soulève des interrogations sur la volonté réelle des autorités d’organiser des élections inclusives, transparentes et crédibles au cours de l’année ». Dans le contexte actuel, affirment-ils, les conditions pourraient favoriser un prolongement du pouvoir alors que la population continue de subir les effets d’une crise sécuritaire, économique et sociale profonde.

Le communiqué remet aussi en question la composition du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, jugée trop proche de son entourage politique. Les organisations dénoncent « l’absence de résultats concrets face à l’insécurité » et soulignent que l’emprise des groupes armés continue de s’étendre. Elles rappellent que le pays traverse une longue période de récession économique et fait face à une augmentation du nombre de déplacés internes.

Autre grief : une récente rencontre entre le CEP et certains partis politiques considérés comme proches du pouvoir. Les signataires présentent cette réunion comme un élément qui « renforce les doutes sur l’impartialité du processus électoral ». Ils estiment également qu’une partie de la communauté internationale apporte un « soutien excessif » au gouvernement malgré les critiques formulées sur la gouvernance et l’organisation des élections.

Au terme de leur déclaration, les organisations considèrent que le chef du gouvernement « représente aujourd’hui un obstacle à la création des conditions nécessaires à la tenue d’élections démocratiques et inclusives ». Elles lancent un appel à l’ensemble des forces vives du pays — partis politiques, société civile, organisations professionnelles, confessions religieuses, acteurs économiques et citoyens — afin d’engager un dialogue national inclusif. Objectif : « restaurer la confiance et favoriser une sortie durable de la crise ».

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