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Immigration

États-Unis: rassemblement de soutien aux Haïtiens à Ohio, après la fin des protections validée par la Cour suprême

Washington, 26 juin 2026 – La Cour suprême des États-Unis a tranché jeudi : les migrants souhaitant déposer une demande d’asile peuvent être refoulés avant même d’atteindre le sol américain. Rendue à 6 voix contre 3, la décision donne raison à l’administration Trump et valide la légalité de la pratique dite du « metering » aux points d’entrée de la frontière américano-mexicaine.

Dans la foulée, des habitants se sont rassemblés jeudi dans l’Ohio pour soutenir les migrants haïtiens. La colère monte après une autre décision de la Cour, rendue le même jour, qui autorise l’administration à mettre fin aux protections juridiques accordées à environ 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens vivant aux États-Unis. Ces personnes avaient fui la violence et les catastrophes naturelles dans leur pays.

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Le « metering », abandonné depuis 2021, permettait aux agents fédéraux américains postés du côté mexicain de refouler des demandeurs d’asile potentiels avant qu’ils ne touchent le territoire des États-Unis. Donald Trump avait demandé à la Cour de statuer sur sa légalité en vue d’une possible réinstauration. La loi sur l’immigration et la nationalité autorise un « étranger qui est physiquement présent aux États-Unis ou qui arrive aux États-Unis » à demander l’asile.

En 2024, une cour d’appel divisée avait estimé que cette disposition s’appliquait aux demandeurs d’asile aux points d’entrée, « quel que soit le côté de la frontière où ils se trouvent ». L’administration Trump contestait cette interprétation. La majorité conservatrice de la Cour suprême lui a donné raison. La question posée était simple : « un étranger intercepté du côté mexicain de la frontière américano-mexicaine “arrive-t-il aux États-Unis” ? »

Pour le juge Samuel Alito, auteur de l’avis majoritaire signé par les cinq autres juges conservateurs, la réponse est non. « Un étranger se trouvant au Mexique n’“arrive pas aux États-Unis” en tentant, sans y parvenir, de mettre le pied sur le sol de ce pays », écrit-il. « Un étranger “arrive aux États-Unis” uniquement lorsqu’il franchit la frontière. Une personne arrive à destination lorsqu’elle pénètre sur son territoire — et non avant — et cette conclusion ne change pas du fait que quelqu’un ou quelque chose bloque l’entrée. »

La juge Sonia Sotomayor a rédigé une opinion dissidente, rejointe par les deux autres juges libéraux. Elle dénonce une « interprétation illogique » qui « repose presque entièrement sur une fixation sur un seul mot : “dans” ». Selon elle, l’arrêt « entérine la décision du pouvoir exécutif de claquer la porte au nez de tous ceux qui fuient la persécution ». Elle alerte : « Les conséquences de la décision d’aujourd’hui sont prévisibles. Davantage de personnes mourront. Davantage de personnes tenteront de franchir illégalement la frontière, et certaines y parviendront tandis que d’autres échoueront. »

Donald Trump avait fait de l’expulsion de millions de migrants sans papiers un axe central de sa campagne. Depuis son retour à la Maison Blanche, il multiplie les mesures pour accélérer les expulsions et réduire les passages frontaliers. L’affaire du « metering » fait partie d’une série de dossiers liés à l’immigration examinés par la Cour suprême cette session. La semaine prochaine, la haute juridiction doit encore se prononcer sur la demande du président visant à mettre fin au principe de la citoyenneté par naissance, qui octroie automatiquement la nationalité américaine à toute personne née sur le sol des États-Unis.

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