Face aux dispositifs militaires américains au large des côtes vénézuéliennes, le président Nicolás Maduro a déclenché une vaste campagne d’enrôlement au sein de la Milicia Bolivariana, une force civile intégrée à l’armée. Des milliers de Vénézuéliens – civils, fonctionnaires, policiers, retraités et étudiants – ont répondu à l’appel durant le week-end, affirmant leur engagement à « défendre la patrie ».
Présentée par le pouvoir comme une riposte directe à une « menace d’invasion » venue des États-Unis, cette mobilisation intervient dans un contexte tendu. Washington affirme pour sa part que la présence militaire dans les Caraïbes s’inscrit dans une opération de lutte contre le trafic de drogue.
Créée sous l’ère Hugo Chávez, la Milicia Bolivariana compterait aujourd’hui plus de 4,5 millions de membres selon les chiffres avancés par Maduro. Organe idéologiquement ancré, elle constitue un pilier du régime. Sur les lieux d’inscription, les nouveaux venus prêtent serment avant de scander « ¡Viva la patria! » avec ferveur. « Il est temps de se préparer », affirme Oscar Matheus, auditeur de 66 ans. Rosy Paravabith, 51 ans, ajoute : « Le pays a besoin de chacun de nous ».
Des centres d’enrôlement ont été installés dans tout le pays, y compris au sein de symboles du pouvoir chaviste comme le palais présidentiel de Miraflores ou le Cuartel de la Montaña, où repose l’ancien président Chávez. Les recrues y suivent une projection sur le blocus naval de 1902 avant de recevoir une initiation militaire.
Pour Maduro, le positionnement de trois destroyers américains équipés de missiles constitue une action « illégale et criminelle » visant à provoquer un changement de régime. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a promis de « défendre la souveraineté jusqu’au dernier souffle ». De son côté, l’opposition rejette cette mobilisation et appelle la population à ne pas y participer.
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