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Culture

L’IA a bien été utilisée dans l’écriture du roman de Thélyson Orélien, annonce son éditeur canadien

Les Éditions du Boréal, l'éditeur canadien de Thélyson Orélien, ont annoncé le 21 octobre 2026 qu'une analyse externe des versions de travail a révélé des traces d'intelligence artificielle dans son roman C'était ça ou mourir. La maison d'édition rompt immédiatement son contrat avec l'auteur et cesse les réimpressions

La maison d’édition confirme ne pas avoir réussi à apporter les preuves demandées. De «nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours», indiquent que l’IA a bien été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir, roman phénomène de la rentrée publié en France chez Grasset et écoulé à plus de 65 000 exemplaires. «L’auteur nous avait assurés, à plusieurs reprises, ne jamais y avoir eu recours pour la création de son roman», explique Boréal.

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En conséquence, poursuit le communiqué, le Boréal «ne réimprimera pas le roman» et ne «publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien». Il y a quelques jours, le codirecteur général des éditions du Boréal, Renaud Roussel, avait glissé à La Presse qu’un contrat avait été signé pour un deuxième roman avec l’auteur. Il s’agissait en fait du premier manuscrit que Thélyson Orélien avait proposé au Boréal. C’était en décembre 2024, huit mois avant d’envoyer son second manuscrit : C’était ça ou mourir. Le manuscrit abordait la thématique des gangs de rue.

La promesse d’un dossier documentant le processus de création de C’était ça ou mourir pour innocenter l’auteur avait fait couler beaucoup d’encre. Mercredi 14 octobre, l’éditeur québécois avait expliqué ne pouvoir finalement retracer l’historique du manuscrit tout en maintenant son soutien à l’auteur. «Thélyson Orélien a ensuite annoncé qu’il ne fournirait aucun autre élément. Sans pour autant accepter, maintenant ou à l’avenir, de jouer auprès de nos auteurs et autrices un rôle d’enquêteur, cette situation extraordinaire nous a imposé la nécessité de ne pas en rester là, continue le communiqué. Nous avons donc rassemblé l’ensemble des versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie. Les résultats obtenus cette semaine ont révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents.» Les éditions du Boréal admettent enfin ignorer toujours «dans quelle mesure l’IA a été utilisée» dans la création du roman : «sans doute n’aurons-nous jamais de réponse définitive à cet égard.»

D’où la rupture, alors qu’ils n’avaient cessé jusqu’ici de défendre l’auteur : «Pour nous, la question fondamentale est celle de la confiance entre auteurs et éditeurs. Dans la foulée des allégations, nous avons continué d’accorder la nôtre à Thélyson Orélien, qui nous assurait ne jamais y avoir eu recours. Cette affirmation est aujourd’hui démentie. Nous ne pouvons pas, dans ces circonstances, poursuivre notre collaboration professionnelle.»

Enfin, la maison d’édition québécoise rappelle l’inédit absolu de cette situation qui a affolé le monde de l’édition en France et à l’international, forçant chaque écrivain à affronter de plein fouet cette question vertigineuse de l’intelligence artificielle en littérature. «Nous avons préféré la prudence à la précipitation», explique Le Boréal, admettant que cette situation «sans mode d’emploi» les a «pris de court».

«Quant à Thélyson Orélien, nous lui avons fait part de notre position avant de la rendre publique, concluent-ils. Comme nous l’avons dit dès le début, au-delà du livre et de la polémique, il y a avant tout un être humain. Nous invitons chacun à la retenue afin que cessent les attaques personnelles à son égard. Nos pensées vont aussi aux lecteurs, aux libraires et aux jurys qui ont aimé ce roman. Nous l’avons choisi parce qu’il nous a profondément émus, bien avant les succès en librairie et les prix. Nous comprenons la déception de certains, et nous la partageons.»

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