NEW YORK, 20 Octobre 2026 – Les chiffres sont atroces. Près de 700 femmes et filles ont déclaré avoir été violées par des membres de gangs en Haïti au cours des mois de juillet et août 2026. C'est ce qu'a révélé l'ambassadrice britannique auprès des Nations unies, Sarah MacIntosh, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à Haïti, lundi 19 octobre.
La diplomate a qualifié la situation de « choquante » et « inacceptable ». « Les niveaux de violence sexuelle et fondée sur le genre en Haïti sont atroces », a déclaré MacIntosh, précisant que 87 % des femmes et filles concernées avaient subi des viols collectifs. Elle a également souligné que ces violences surviennent dans un contexte où les gangs continuent de terroriser les populations et de saper l'autorité de l'État.
Ces chiffres interviennent alors que les violences armées continuent de faire de nombreuses victimes dans le pays. Entre le 15 juillet et le 12 octobre, au moins 1 123 personnes ont été tuées et 440 autres blessées dans les violences, selon les données présentées au Conseil de sécurité.
La violence sexuelle reste largement sous-déclarée en Haïti, notamment en raison de la peur des représailles, de la stigmatisation, de l'accès limité aux services et de la faible confiance dans les institutions judiciaires.
Dans un précédent rapport couvrant la période de mars à mai 2026, le BINUH avait documenté 825 incidents de violences sexuelles impliquant 853 victimes, dont 807 femmes et 45 filles.
L'ONU a également signalé que les femmes et les filles sont particulièrement exposées dans les zones contrôlées par les groupes armés. Entre le 6 mars et le 31 juillet, plus de 176 femmes et filles avaient notamment été victimes de viols dans la Plaine du Cul-de-Sac et à Cité Soleil, certaines agressions étant utilisées comme forme de punition par les gangs.
Le Royaume-Uni a salué les efforts des autorités haïtiennes, avec l'appui du BINUH et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, pour améliorer les mécanismes de signalement et la prise en charge des survivantes. Londres appelle toutefois à renforcer la réponse face aux violences sexuelles et fondées sur le genre qui continuent de toucher les femmes et les filles à travers le pays.
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