La joie d’une qualification peut coûter cher. Au lendemain de sa victoire 2-1 contre l’Angleterre en demi-finale du Mondial, l’Argentine est sous la menace de sanctions de la FIFA après le déploiement par ses joueurs d’une banderole « Les Malouines sont argentines » sur la pelouse du Mercedes-Benz Stadium.
Les images ont fait le tour du monde. Au coup de sifflet final, plusieurs joueurs de l’Albiceleste ont brandi une banderole blanche aux lettres noires revendiquant la souveraineté argentine sur l’archipel de l’Atlantique Sud. Giovani Lo Celso l’a ensuite déposée au centre du terrain, sous les chants des supporters.
Or, l’article 4 du Code disciplinaire de la FIFA interdit « tout message politique, religieux ou personnel » lors des matches. L’instance a confirmé qu’elle attendait les rapports des officiels de la rencontre avant de se prononcer. « Aucune décision ne sera prise avant la fin de la compétition », a indiqué une source proche de la FIFA. C’est la procédure habituelle pour éviter toute interférence sportive.
Un précédent à 20 000 euros : Ce n’est pas une première. En 2014, la Fédération argentine avait écopé de 20 000 euros d’amende après une banderole similaire déployée avant un amical contre la Slovénie. Mais le contexte d’une demi-finale de Coupe du monde, avec une audience planétaire, pourrait alourdir la sanction. Amende, matchs à huis clos, suspension de joueurs : l’éventail est large.
Mercredi soir, le président Javier Milei a tenté d’éteindre l’incendie sans condamner directement ses joueurs. « Ne mélangeons pas les choses. Les Malouines se récupèrent avec une diplomatie avisée et non avec des gestes de patriotisme bon marché », a-t-il lancé sur Radio Mitre. « Ce n’est qu’un match de football », a-t-il insisté, tout en qualifiant la qualification d’« étape glorieuse ». Il a rappelé que l’ONU avait récemment « obligé l’Angleterre à venir s’asseoir pour discuter ».
La querelle des Malouines empoisonne les relations anglo-argentines depuis 1833, date de l’occupation britannique. Elle a basculé dans la guerre en 1982 : 74 jours de conflit, 649 morts argentins, 258 britanniques. Quatre ans plus tard, Maradona offrait à l’Argentine une « revanche symbolique » avec son doublé en quart du Mondial 1986, dont la « main de Dieu ».
En 2026, l’histoire bégaie. La Cuarta Estrella, l’hymne officieux des supporters, le rappelle : « Pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo (Messi), Argentine, je veux te voir double championne du monde… »La finale contre l’Espagne est prévue dimanche. D’ici là, l’Argentine jouera avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
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