Sur le terrain, l’Argentine a gagné. En dehors, le match continue. Vainqueurs 2-1 des Three Lions mercredi en demi-finale de Coupe du monde, les joueurs de l’Albiceleste ont qualifié leur pays pour la finale. Mais leur célébration a immédiatement ravivé une vieille blessure géopolitique : la souveraineté des îles Malouines.
À peine le coup de sifflet final donné au Mercedes-Benz Stadium, les Argentins ont brandi devant leurs supporters une banderole : « Les Malouines sont argentines ». Le message, déployé sur la pelouse, fait référence à cet archipel de l’Atlantique Sud, territoire britannique d’outre-mer revendiqué par Buenos Aires depuis 1833. En 1982, les deux pays s’étaient affrontés dans une guerre de 74 jours qui avait fait près de 1 000 morts.
Crise diplomatique en moins de 24 heures : La réponse politique n’a pas tardé. Mercredi soir, le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a accusé la Royal Navy d’« incursion militaire » dans les eaux argentines. Selon Buenos Aires, le HMS Medway, patrouilleur basé aux Malouines, aurait pénétré début juillet dans les eaux territoriales argentines sans notification préalable. Une « protestation officielle » a été déposée auprès de l’ambassade britannique.
Downing Street dément. Dans un communiqué, le porte-parole du Premier ministre assure que Londres avait informé Buenos Aires « à l’avance » d’une « visite logistique de routine » du HMS Medway vers le Chili, entre le 5 et le 8 juillet. Objectif : ravitailler les bases scientifiques britanniques en Antarctique. « La Royal Navy a opéré dans le strict respect du droit international », insiste le gouvernement britannique, évoquant « la voie la plus directe possible » compte tenu de la météo et des impératifs de sécurité.
La vice-présidente argentine Victoria Villarruel avait donné le ton avant même la demi-finale, qualifiant l’Angleterre d’« envahisseurs » et de « pirates usurpateurs ». Après la victoire, elle a publié sur X une vidéo de soldats argentins de 1982, avec la légende : « Ce n’était pas un match comme les autres ». Quelques heures plus tard, un second message : « Les Malouines sont argentines ».
Une rivalité qui dépasse le sport : Angleterre-Argentine n’est jamais un match ordinaire. De la « Main de Dieu » de Maradona en 1986 au carton rouge de Beckham en 1998, chaque confrontation charrie l’histoire. La guerre des Malouines reste un traumatisme national en Argentine, et un sujet de fierté au Royaume-Uni. Situées à 13 000 km de Londres mais à moins de 500 km des côtes argentines, les Malouines sont habitées par 3 500 Britanniques qui ont voté à 99,8 % pour rester britanniques en 2013.
La finale de la Coupe du monde 2026 aura lieu dimanche. Mais entre Londres et Buenos Aires, la prolongation diplomatique ne fait que commencer.
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