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Diplomatie

Haïti : les priorités américaines et le soutien affirmé au Premier ministre, selon l’International Crisis Group

Les priorités des États-Unis en Haïti demeurent inchangées depuis plusieurs mois : assurer la sécurité, préserver la stabilité politique et garantir une continuité institutionnelle. C’est l’analyse de Diego Da Rin, analyste senior pour Haïti à l’International Crisis Group (ICG), exprimée lors d’une intervention sur les ondes de Magik9.

Selon l’expert, Washington a clairement établi deux lignes rouges. La première consiste à trouver une solution politique avant le 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). La seconde exclut catégoriquement tout changement à la tête du gouvernement, les États-Unis refusant le remplacement du Premier ministre en fonction.

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Diego Da Rin estime que le CPT, suivi de près par les autorités américaines et d’autres partenaires internationaux, s’est montré inefficace. Les rivalités internes, les alliances fluctuantes, les accusations de corruption et les tensions persistantes avec le Premier ministre ont entravé la prise de décision et ralenti l’adoption de réformes jugées essentielles pour la stabilité du pays.

Dans ce contexte, le déploiement récent de trois navires américains dans la baie de Port-au-Prince constitue, selon l’analyste, un signal politique fort en faveur du maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé après le 7 février. Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions diplomatiques visant à faire échec aux tentatives de remplacement du chef du gouvernement, observées depuis août 2025. Diego Da Rin souligne que ce déploiement, intervenu à quelques jours de la fin du mandat du CPT, n’a représenté ni une opération complexe ni un effort logistique majeur pour Washington. Il rappelle qu’un déploiement naval massif dans les Caraïbes avait déjà été effectué par les États-Unis dès septembre dernier.

Selon l’International Crisis Group, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est perçu par les partenaires internationaux comme un acteur clé de la coordination sécuritaire, notamment entre la Police nationale, la Task Force et d’autres forces engagées dans la lutte contre les gangs. Cette coordination serait appelée à jouer un rôle central dans la répression de la coalition criminelle Viv Ansanm, en attendant le déploiement complet de la future force internationale.

À ce sujet, Diego Da Rin prévoit que le bureau d’appui de la Force multinationale (FRG) devrait devenir opérationnel en avril. Une fois ce bureau mis en place, plusieurs pays contributeurs commenceraient à envoyer des équipes chargées de valider le déploiement de leurs contingents respectifs. L’analyste anticipe la mise en place d’une force pleinement opérationnelle entre septembre et octobre, laissant toutefois un intervalle critique durant lequel la lutte contre les gangs devra continuer d’être menée principalement par la police et la Task Force.

Enfin, Diego Da Rin a affirmé qu’aucun élément ne laisse présager, à ce stade, une intervention directe des États-Unis en Haïti, au-delà du déploiement naval observé. Selon lui, la présence des navires vise avant tout à transmettre un message politique clair, à un moment jugé sensible, où toute déstabilisation du pouvoir exécutif pourrait compromettre la coordination des forces de sécurité dans une phase décisive de la lutte contre les groupes armés.

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Journaliste

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