Le gouvernement japonais, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a officiellement remis les travaux d’aménagement du Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL), à Delmas 33. Cette cérémonie, à laquelle ont participé des représentants des autorités pénitentiaires, de l’ambassade du Japon et du PNUD, ainsi que des défenseurs des droits humains, marque une avancée importante pour le système carcéral haïtien.
Financé à hauteur de 531 292 dollars, ce projet vise à améliorer les conditions de détention des mineurs et des femmes transférées depuis la prison civile de Cabaret. Il intervient dans un contexte d’insécurité grandissante et de surpopulation carcérale, qui pèsent lourdement sur les établissements pénitentiaires du pays.
Parmi les améliorations, la construction de cinq salles de classe totalisant près de 200 m² permettra aux jeunes détenus de poursuivre leur scolarité tandis que les femmes bénéficieront de formations professionnelles. Le centre a aussi été doté d’un stock de médicaments couvrant 12 mois, et ses infrastructures sanitaires et sa cuisine ont été rénovées pour offrir des conditions de vie plus dignes.
Ce chantier s’inscrit dans une réforme plus large de l’administration pénitentiaire haïtienne, alignée sur les normes internationales, notamment les Règles de Mandela, de Beijing et de Bangkok. Le PNUD, en lien avec ONU Femmes, UNICEF et BINUH, pilote ce projet dans le cadre de son programme « État de droit », avec un focus sur l’égalité des sexes, la santé, l’éducation et la réinsertion sociale.
Depuis les évasions massives de février 2024, qui ont déclenché une crise politique majeure et conduit au départ du Premier ministre Ariel Henry, le CERMICOL accueille désormais aussi les femmes prisonnières. Cette évolution souligne l’urgence d’adapter les conditions de détention à une population carcérale désormais plus diversifiée et vulnérable.
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