L’ancien colonel Louis Jodel Chamblin est décédé dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 août 2025, des suites, selon un proche, d’une crise cardiaque. Sa disparition marque la fin d’une carrière militaire et politique qui a profondément marqué l’histoire contemporaine d’Haïti, laissant derrière elle un héritage controversé et discuté.
Né dans une période où l’armée haïtienne jouait un rôle central dans la vie politique, Chamblin a fait ses classes militaires avant de gravir les échelons de l’institution. Il a occupé plusieurs postes stratégiques, qui lui ont permis de s’imposer comme une figure influente au sein de l’armée, mais également comme un acteur clé des moments de crise politique que le pays a traversés.
Au début des années 2000, Chamblin s’est retrouvé au cœur d’événements historiques majeurs aux côtés de Guy Philippe lors de la tentative de renversement du président Jean-Bertrand Aristide. Son rôle durant cette période, marqué par des opérations militaires et politiques controversées, a consolidé sa réputation de personnage central mais contesté dans la scène nationale.
Après la chute du régime Aristide, Chamblin a tenté de se tourner vers la politique. Il s’est présenté aux dernières élections pour représenter la commune de Lèzanglè et la région de Chadonyè, sans toutefois réussir à effacer l’ombre de son passé militaire. Son parcours politique a été ponctué de critiques et de controverses, liées à son implication présumée dans des événements violents ayant marqué l’histoire récente d’Haïti.
En avril 2004, il avait été arrêté pour être entendu dans le cadre des dossiers de Raboteau et de Saint-Marc, accusé d’actes criminels. Libéré par la justice haïtienne le 11 août 2005, il avait poursuivi son implication dans la vie publique malgré les polémiques. Sa mort clôt un chapitre complexe de l’histoire militaire et politique haïtienne, rappelant à la fois les tensions et les transformations profondes du pays au cours des deux dernières décennies.
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