Un appel de quatre-vingt-quinze minutes entre les deux dirigeants a mis en lumière les tentatives de Moscou de peser simultanément sur les dossiers ukrainien et iranien, dans un contexte de tensions diplomatiques intenses.
Vladimir Poutine et Donald Trump se sont entretenus par téléphone ce mercredi 29 avril 2026 pendant plus d’une heure et demie, lors de leur premier échange rendu public depuis le 9 mars. Le président russe a soumis des propositions pour résoudre la crise nucléaire iranienne et suggéré une trêve temporaire en Ukraine pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon le Kremlin.
C’est le conseiller du Kremlin Youri Ouchakov qui a le premier décrit l’entretien, qualifié d’"amical", confirmant que Vladimir Poutine y a soumis des idées destinées à dénouer le différend entre Washington et Téhéran sur le nucléaire. La nature exacte de ces propositions n’a pas été précisée, mais Moscou avait déjà évoqué par le passé la possibilité de stocker sur son territoire l’uranium enrichi détenu par l’Iran, rapporte l’agence de presse Reuters.
Poutine veut "aider" sur l’Iran, Trump reste prudent : Donald Trump a confirmé l’appel depuis Washington, déclarant aux journalistes que son homologue russe souhaitait "aider" sur le dossier iranien. Le président américain a cependant tempéré l’enthousiasme : il a répondu à Poutine qu’il préférait que ce dernier "s’implique pour mettre fin à la guerre avec l’Ukraine". Une manière de hiérarchiser les priorités diplomatiques américaines, tout en laissant une porte ouverte au canal russo-américain sur Téhéran.
Sur le front ukrainien, Youri Ouchakov a rapporté que Vladimir Poutine avait proposé un cessez-le-feu temporaire le mois prochain, à l’occasion du 80e anniversaire de la capitulation nazie. Une démarche qui n’est pas sans précédent : Moscou avait déjà annoncé unilatéralement une trêve de trois jours l’an dernier pour les mêmes commémorations, initiative rejetée par Kyiv.
Trump a de son côté déclaré avoir lui-même proposé "un petit cessez-le-feu" entre Moscou et Kyiv durant la conversation. "Je pense qu’il pourrait le faire", a-t-il ajouté en référence à Poutine, laissant entendre une certaine confiance dans la réceptivité du Kremlin. Le président américain a également indiqué, selon Ouchakov, estimer qu’un accord de paix pour l’Ukraine était "proche".
Un silence de près de deux mois brisé : Cet appel intervient après une longue période sans échange public entre les deux dirigeants, le précédent contact rendu public remontant au 9 mars — soit neuf jours après le début de la campagne militaire conjointe des États-Unis et d’Israël en Iran. La reprise de ce canal direct, à ce moment précis, signale une intensification de la diplomatie informelle alors que les négociations multilatérales sur l’Iran et le conflit en Ukraine peinent à progresser sur les formats officiels.
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