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Diplomatie

Insécurité en Haïti : l’Ambassade américaine voit des « progrès », la population réclame du concret

L’Ambassade des États-Unis en Haïti a publiquement salué jeudi l’opération menée par la Force de répression des gangs, la GSF, dans la commune de Tabarre. Pour la mission diplomatique, cette intervention constitue « une illustration des progrès opérationnels réalisés » et prouve la capacité de la force à « renforcer ses moyens tout en conduisant des actions sur le terrain ». Washington y voit la traduction concrète de l’approche progressive mise en place par la mission multinationale.

Cette déclaration intervient alors que le pays s’enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent. Les groupes armés, mieux organisés et lourdement équipés, étendent leur contrôle sur la capitale. Enlèvements contre rançon, attaques ciblées contre les civils et affrontements directs avec les forces de l’ordre rythment le quotidien. L’économie est à l’arrêt, les écoles fermées et les hôpitaux fonctionnent au ralenti.

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La commune de Tabarre, tout comme Croix-des-Bouquets et Cité Soleil, est l’un des épicentres de cette violence. L’opération de la GSF visait à déloger des gangs de plusieurs points stratégiques et à sécuriser des axes routiers clés. Selon l’ambassade américaine, le succès de cette action montre que la force gagne en efficacité et en coordination sur le terrain.

En saluant la GSF, les États-Unis réaffirment leur « engagement à se tenir aux côtés d’Haïti et du peuple haïtien ». L’objectif affiché : accompagner les aspirations à un avenir « plus sûr, plus stable et plus prospère ». Ce soutien passe par du financement, de la formation et de l’équipement, avec une priorité donnée au renforcement des capacités locales face aux gangs.

Le discours diplomatique se heurte toutefois à une réalité plus sombre. À Tabarre, de nombreux habitants interrogés disent ne pas percevoir les effets de l’opération. « Les gangs sont toujours là, ils contrôlent les quartiers. On vit dans la peur permanente », confie une commerçante. Pillages, violences sexuelles et exécutions sommaires continuent d’être rapportés par la population et les organisations locales.

Les déplacements forcés s’accélèrent. Des milliers de familles ont fui Tabarre ces dernières semaines, aggravant une crise humanitaire déjà critique. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins devient chaque jour plus difficile dans les zones sous emprise des groupes armés.

Entre les progrès mis en avant par Washington et le vécu des Haïtiens, l’écart reste béant. L’opération de la GSF est présentée comme un signal positif par les partenaires internationaux. Sur le terrain, elle est vécue comme insuffisante face à l’ampleur de la terreur imposée par les gangs. La restauration durable de la sécurité publique, condition de toute relance institutionnelle, semble encore hors de portée.

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