Le quartier de Turgeau a été le théâtre d’un drame atroce dans la nuit du 9 au 10 septembre.
Trois frères, Patrick Lalane (42 ans), Josué Lalane (38 ans) et Widechel Lalane (28 ans), ont été assassinés puis brûlés par des membres de la coalition criminelle Viv Ansanm.
Leur seul “crime” : avoir choisi de rester ensemble, refusant de se disperser malgré la pression des violences armées.
Les victimes appartenaient à une fratrie de neuf enfants, installée depuis plusieurs générations à la rue M, à l’angle de Jean Paul II. Tous étaient mécaniciens, perpétuant un savoir-faire transmis de père en fils, selon Le Nouvelliste.
Selon le témoignage de leur frère, Stanley Lalane, les bandits ont fait irruption dans la maison familiale peu après minuit. « J’ai compris qu’on était en danger et j’ai pu m’échapper avec ma femme et mes enfants », confie-t-il. Restés sur place, Patrick, Josué et Widechel ont été retenus avec d’autres membres de la famille. Les assaillants ont pillé les maisons, brutalisé les proches, puis exécuté les trois frères vers deux heures du matin avant de calciner leurs corps. Les femmes et les enfants ont finalement été libérés.
Depuis mars 2025, le quartier est sous le contrôle des gangs, contraignant des centaines de familles à l’exil. Mais la fratrie Lalane avait choisi de ne pas quitter la rue M, refusant de se séparer. « Mes frères sont morts par amour, parce qu’on voulait rester ensemble. Même la mort n’a pas pu les diviser », déclare Stanley avec amertume. Les restes des trois frères ont été enterrés dans la cour familiale, surnommée Lakou Marasa Dahomey. Une sépulture intime, sur le sol qui les a vus naître et grandir.
Ce triple assassinat illustre la brutalité des groupes criminels qui sèment la terreur dans la capitale haïtienne, malgré les promesses et les discours de façade sur une prétendue « unité » ou « vivre ensemble ». Pour les Lalane, comme pour des milliers de familles haïtiennes, la réalité se traduit par des larmes, du sang et des vies brisées.
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