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L’administration Trump veut forcer des journalistes à livrer leurs documents

Le ministre américain de la Justice par intérim, Todd Blanche, a défendu mardi des injonctions judiciaires délivrées à des journalistes pour les contraindre à livrer leurs documents et archives, dans le cadre d'enquêtes sur des fuites d'informations classifiées.

S'il n'a mentionné aucun média en particulier, les déclarations de Todd Blanche surviennent au lendemain d'un article du Wall Street Journal révélant que le quotidien avait reçu de telles injonctions de la part d'un grand jury fédéral exigeant la communication des archives de ses journalistes ayant couvert des sujets sensibles liés à la sécurité nationale, notamment la guerre en Iran.

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Le président américain Donald Trump, là aussi sans mentionner un média en particulier, a de son côté attaqué la couverture du conflit par la presse. «Quand les fake news disent que notre ennemi iranien va bien, militairement, contre nous, c'est quasiment de la trahison puisqu'il s'agit d'une affirmation fausse et même grotesque», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

«Poursuivre en justice les auteurs de fuites qui partagent les secrets de notre nation avec des journalistes - mettant ainsi en péril notre sécurité nationale et la vie de nos soldats - constitue une priorité pour cette administration», a déclaré Todd Blanche dans un message publié sur X. «Tout témoin, qu'il soit journaliste ou non, détenant des informations sur ces criminels ne devra pas s'étonner de recevoir une injonction concernant la divulgation illégale de documents classifiés», a-t-il ajouté.

Selon le Wall Street Journal, le ministère américain de la Justice mène une «offensive agressive» pour traquer les fuites dans les médias, portant notamment sur le début de la guerre en Iran. D'après le quotidien, le président Donald Trump a remis à Todd Blanche - son ancien avocat personnel - une pile d'articles et reportages qu'il considérait comme nuisibles à la sécurité nationale, accompagnés d'un post-it portant l'inscription «trahison». «Nous nous opposerons avec vigueur à cette tentative d'étouffer et d'intimider un travail journalistique essentiel», a réagi Ashok Sinha, directeur de la communication de Dow Jones, maison mère du Wall Street Journal.

Le milliardaire républicain entretient depuis plusieurs années des relations particulièrement tendues avec une large partie des médias américains, qu'il accuse régulièrement de diffuser des «fake news». L'an dernier, le ministère de la Justice de l'administration Trump a abrogé une politique mise en place pendant la présidence de Joe Biden, qui visait à renforcer la protection des journalistes, notamment en limitant strictement le recours à cette procédure et en les dispensant, dans la plupart des cas, de révéler leurs sources. En janvier, dans le cadre d'une enquête distincte sur des fuites de documents classifiés, des agents du FBI avaient perquisitionné le domicile d'une journaliste du Washington Post et saisi ses appareils électroniques. Une mesure qualifiée de «hautement inhabituelle» par le Comité pour la protection des journalistes.

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