La reprise des discussions entre le Conseil Électoral Provisoire et le Gouvernement haïtien représente une avancée attendue dans le processus de sortie de crise. Pour l’avocat et ancien figure de l’opposition Me. André Michel, cette reprise est « une excellente chose », à condition qu’elle se fasse dans le respect strict des prérogatives constitutionnelles du CEP.
L’engagement pris par Alix Didier Fils Aimé, Premier ministre de la transition, d’organiser des élections en 2026, avait été salué comme une étape vers la fin de la période transitoire. Cet engagement s’inscrivait dans le cadre du Pacte National signé de bonne foi par plusieurs acteurs politiques et sociaux, avec pour objectif unique de permettre à la population de retrouver la voie électorale.
Selon Me. André Michel, le Gouvernement n’a pas respecté l’esprit de cet accord. Il accuse l’exécutif d’avoir « tout fait pour compliquer le processus électoral afin de rester au pouvoir le plus longtemps possible ». Le dossier des élections, affirme-t-il, n’a pas avancé sous la direction de D. Fils-Aimé, alors même que le calendrier de 2026 exige des actions concrètes et urgentes.
Le cœur du problème, pour lui, reste l’indépendance du CEP. Le Conseil Électoral Provisoire est une institution constitutionnelle dont le rôle est de garantir un scrutin libre et crédible. Toute tentative de le soumettre à l’exécutif mettrait en péril la légitimité du processus électoral à venir. D’où l’appel lancé aux citoyens et aux forces politiques : « Nous devons supporter le CEP dans la lutte pour le respect de ses prérogatives Constitutionnelles ! »
La ligne politique est claire. Il ne s’agit pas de chercher à prendre le pouvoir pendant la transition, mais d’imposer le retour aux urnes. « Allons aux élections pour donner à la Population la possibilité de choisir ses dirigeants », écrit Michel. Pour lui, renforcer le processus électoral et créer les conditions matérielles et sécuritaires du scrutin est la seule responsabilité qui incombe au Gouvernement actuel.
Un point ferme aussi la déclaration : aucun dialogue ne sera mené avec les gangs armés qui contrôlent des quartiers entiers du pays. « Pa gen Dyalòg ak GANG », précise le texte en créole.
Le message est donc double : défendre l’indépendance du CEP face aux ingérences, et accélérer l’organisation des élections de 2026 pour rendre le pouvoir au peuple haïtien.
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