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RAPPORT ONU 2026 : Rosemila Petit Frère, l'ex-maire d'Arcahaie au cœur du financement de Viv Ansanm

C'est l'un des dossiers les plus explosifs du nouveau Rapport ONU 2026. Dans la section intitulée "Appui apporté aux gangs par des acteurs économiques - L'affaire Rosemila Petit Frère", le Groupe d'experts de l'ONU accuse directement une ancienne élue. Au paragraphe 144, les experts affirment que l'appui financier et logistique apporté par des acteurs économiques continue de constituer une source de revenus pour les gangs, sur le modèle déjà décrit pour Rony Célestin.

La personne visée est Rosemila Petit Frère, femme d'affaires et ancienne maire de la commune d'Arcahaie, dans l'Ouest, de 2016 à 2020. Selon le rapport, elle entretenait des relations de longue date avec les chefs du gang Viv Ansanm (HTe.002) et leur avait apporté un soutien tant financier que logistique. Son rôle dépassait le simple financement : elle a joué le rôle d'intermédiaire entre les gangs et d'autres acteurs, et un rôle déterminant dans le maintien des liens entre les gangs et les milieux criminels, politiques, économiques et du secteur de la sécurité.

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Ces informations ne sont pas de simples rumeurs. Le rapport précise qu'elles ont été corroborées par deux États Membres, et proviennent d'entretiens avec un analyste de la lutte contre la corruption, un analyste de gangs et deux sources confidentielles entre février et mai 2026. Elle facilitait les communications et les transactions financières entre les gangs et leurs parrains.

L'ONU révèle ensuite son arrestation. Au paragraphe 145, en août 2025, Mme Petit Frère a été arrêtée alors qu'elle transitait par la République Dominicaine en provenance du Canada. L'analyse de son téléphone a été dévastatrice : plusieurs échanges de messages ont révélé qu'elle apportait son soutien à plusieurs chefs de Viv Ansanm, dont Renel Destina (HTi.003), alias « Ti Lapli », le chef du gang de Grand Ravine.

Plus grave encore, au paragraphe 146, dans les cinq mois qui ont précédé le lancement officiel de l'alliance criminelle « Viv Ansanm » en septembre 2023, elle a multiplié les appels téléphoniques avec Jean Gardy, alias « Pece Pim Pim », et Ti Lapli. À trois reprises, elle a transmis à Ti Lapli des informations opérationnelles confidentielles concernant des opérations imminentes de la Police nationale d'Haïti contre « Grand Ravine » et d'autres gangs. Elle était donc une taupe au service des gangs.

Son réseau s'étendait aux plus gros parrains sous sanctions. Au paragraphe 147, un rapport confidentiel et des témoignages d'enquêteurs ont révélé qu'elle échangeait régulièrement des informations avec Prophane Victor (HTi.006), sanctionné pour avoir soutenu et armé des gangs, ainsi qu'avec Magalie Habitant, une intermédiaire clé entre les gangs et leurs soutiens économiques et financiers.

Grâce à ses contacts au sein de la police, Mme Petit Frère recevait souvent des rapports d'enquête confidentiels de la part d'agents corrompus, notamment des rapports concernant M. Victor et Mme Habitant, qu'elle leur a transmis et qu'ils ont utilisés ensuite pour échapper à la justice. Un système complet de protection et d'alerte qui explique, selon l'ONU, la survie et la puissance de Viv Ansanm.

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