Malgré une situation sécuritaire fragile et un manque de structures d’accueil, Haïti fait partie des 22 pays considérés par les États-Unis comme destinations possibles pour les immigrants non américains expulsés dans le cadre des politiques de l’administration Trump.
Cette information a refait surface dans le dossier de Kilmar Abrego Garcia, un résident du Maryland qui avait fui le Salvador pour échapper aux violences des gangs. Expulsé par erreur vers son pays d’origine, il a été rapatrié aux États-Unis pour répondre à des accusations criminelles. Au cours de la procédure, les autorités américaines lui ont soumis une liste de 22 pays, dont Haïti, comme alternatives d’expulsion.
Parallèlement, la République dominicaine poursuit ses renvois massifs de migrants haïtiens. En août 2025, plus de 35 000 ressortissants en situation irrégulière ont été expulsés, un record annuel. Les autorités dominicaines assurent procéder à une identification biométrique complète avant de livrer les déportés aux autorités haïtiennes.
Les autorités haïtiennes font régulièrement l’objet de vives critiques en raison de l'absence d’accompagnement des citoyens rapatriés depuis l’étranger. Aucune procédure d’enregistrement systématique, ni dispositif de soutien à la réinsertion n’est mis en place, ce qui aggrave la précarité de milliers de personnes déjà en situation de grande vulnérabilité. Dans ce contexte, alors que le pays peine à prendre en charge ses propres ressortissants, peut-il réellement accueillir et intégrer des migrants d’autres nationalités ?
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