Les États-Unis et l’Iran se sont attaqués mutuellement dans la nuit de mardi à mercredi 3 juin, chacun accusant l’autre de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile, avec un premier mort dans le Golfe depuis la fin des hostilités. Alors que cette situation a provoqué un envol du pétrole depuis le début de la guerre, les marchés voulaient croire la semaine dernière en un accord, mais les nouvelles attaques ont fait remonter les cours, à près de 100 dollars.
Après le cessez-le-feu du 8 avril entre les États-Unis et l’Iran, les affrontements ont quasiment cessé à quelques rares exceptions. Ils ont cependant repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d’Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Cette nuit encore, l’Iran a lancé selon le commandement américain pour la région (Centcom) plusieurs missiles vers le Koweït et Bahreïn.
Le trafic a été suspendu quelques heures à l’aéroport du Koweït après une « agression criminelle de l’Iran », selon l’armée du petit pays. Plusieurs attaques aux drones ont touché un terminal et tué une personne, ont indiqué les autorités, faisant aussi état de 63 blessés, avec notamment des hémorragies cérébrales et des amputations. Le Koweït, qui abrite des bases américaines, avait été régulièrement touché par l’Iran en représailles à l’offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, comme la plupart de ses voisins du Golfe. L’armée américaine a mené en réponse des « frappes de défense » sur l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, touchant une tour de communication selon Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution ont eux déclaré avoir riposté en représailles de cette attaque et de celle d’un pétrolier iranien en ciblant un navire lié à Israël et aux États-Unis, une base aérienne au Koweït ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn. Quant à Bahreïn et au Koweït, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, leur a lancé la diplomatie iranienne, les accusant d’autoriser les États-Unis à utiliser leur territoire « pour mener des actions agressives contre l’Iran » - la rhétorique habituelle quand le conflit battait son plein. « À chaque tir et à chaque agression répondra un déluge de missiles et de drones », a menacé le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï.
Sur le plan diplomatique, le flou demeure : des médias iraniens assuraient lundi que Téhéran avait suspendu les pourparlers indirects avec les États-Unis à cause de l’offensive israélienne au Liban - Washington veut traiter les deux dossiers séparément, mais Téhéran refuse.
Donald Trump a démenti, assurant que les discussions se poursuivaient « sans interruption ». Il « aimerait rencontrer » le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, a-t-il dit au New York Post, le jugeant réellement « impliqué » dans les décisions de Téhéran même s’il n’est pas apparu en public depuis sa nomination en mars.
La veille, cinq personnes ont été tuées dont un enfant, et 48 blessées dont du personnel médical, notamment après un bombardement ayant touché l’hôpital public de Tebnine. Le maire et un officier de l’armée libanaise se sont rendus dans le quartier chrétien de la ville millénaire de Tyr, sur la côte, pour rassurer les habitants après une annonce par l’armée israélienne qu’elle pourrait y envisager des frappes car des combattants du Hezbollah s’y « cachaient ». Des frappes à proximité y ont fait au moins six morts mercredi, selon une source médicale à l’AFP.
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