Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Benjamin Netanyahou de « complètement fou » au cours d’une conversation téléphonique, et l’a accusé de mettre en péril les négociations avec l’Iran. Pour André Kaspi, historien et spécialiste de la politique américaine, cette brusque montée de tension illustre les divergences d’intérêts entre les deux pays sur la guerre au Moyen-Orient.
Donald Trump veut absolument s’enfuir du Moyen Orient et du désordre qu’il a lui-même créé, en attaquant l’Iran à la fin février. Le coût de cette guerre commence à être bien trop élevé, et il pèse dangereusement sur sa popularité, à cinq mois des Midterms, ces élections de mi-mandat qui pourraient redonner la majorité aux Démocrates dans les deux Chambres.
Pour sauver la face et trouver une justification à la fin du conflit, le président américain est prêt à tout, et rien ni personne ne doit lui mettre des bâtons dans les roues. Pas même son plus proche allié, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, contre qui il se serait violemment emporté ce lundi, au cours d’une discussion téléphonique. En cause : l’incursion de l’armée israélienne au Liban et les menaces répétées de frapper Beyrouth, la capitale, si le Hezbollah ne cesse pas ses attaques.
Donald Trump estime que la propagation du conflit au Liban voisin met en danger les pourparlers actuels avec l’Iran. Et le président veut vraiment passer à autre chose. Il l’a vertement fait savoir à Benyamin Netanyahou. « Tu es complètement fou », se serait emporté Trump, selon un récit du média Axios s’appuyant sur les confidences de deux officiels. « Tu serais en prison sans moi, aurait également dit Trump. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te hait maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. »
Le président américain considère que le soutien apporté à Netanyahou durant son procès pour corruption lui a évité la prison. Il estime aujourd’hui que le dirigeant israélien fait preuve d’ingratitude à son égard, en jouant sa propre partition et ne calmant pas le jeu dans la région.
Alors Trump est prêt à tout, y compris à s’improviser médiateur entre Israël et… le Hezbollah. D’un côté, le président américain a écrit, sur son réseau social, que Netanyahou s’était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth. De l’autre, il a aussi annoncé avoir eu un « très bon » échange avec le Hezbollah via des intermédiaires, en ajoutant que la formation pro-iranienne allait « cesser totalement le feu ». « Israël ne les attaquera pas et ils n’attaqueront pas Israël », a-t-il écrit. « Trump en médiateur entre Israël et Hezbollah… On n’ose plus commenter », a ironisé sur X Gérard Araud, l’ancien ambassadeur de France à Washington et en Israël.
Selon Axios, Donald Trump se serait également inquiété du fait qu’Israël ait tué autant de civils au Liban, s’opposant à ce que les Israéliens rasent des bâtiments pour éliminer un seul commandant du Hezbollah. Dans la nuit, Israël et le Hezbollah ont poursuivi leurs affrontements. Refermant encore un peu plus sur Donald Trump le piège qu’il s’est lui-même tendu.
0 Commentaire