En Haïti, environ un couple sur six est confronté à l'infertilité. C'est le constat dressé par le Dr Harry J. Beauvais, gynécologue-obstétricien spécialisé en infertilité et en fécondation in vitro, invité à l'émission Panel Magik ce mardi 1er septembre 2026. Le spécialiste a détaillé les causes de cette difficulté à concevoir et les possibilités de prise en charge disponibles dans le pays.
Il définit l'infertilité comme l'incapacité pour un couple à obtenir une grossesse malgré des rapports sexuels réguliers et non protégés. La durée prise en compte dépend de l'âge de la femme. Avant 35 ans, on parle d'infertilité après 12 mois d'essais infructueux. Au-delà de 38 ans, une consultation doit être envisagée beaucoup plus rapidement pour ne pas compromettre les chances de grossesse.
Contrairement à une idée encore répandue, cette difficulté ne concerne pas uniquement les femmes. Selon les données citées par le Dr Beauvais, 36% des cas en Haïti concernent la femme, 33% l'homme, 20% les deux partenaires simultanément, et 10% restent inexpliqués malgré un bilan complet.
Chez les femmes, le spécialiste cite notamment les infections des trompes, souvent consécutives à des infections sexuellement transmissibles non traitées, les fibromes lorsqu'ils déforment l'utérus, les troubles de l'ovulation et l'endométriose. Chez les hommes, les causes peuvent être liées à des infections, à des facteurs génétiques, à des problèmes testiculaires ou à une production insuffisante de spermatozoïdes, comme l'azoospermie.
Certains modes de vie aggravent aussi la situation. La consommation d'alcool et de tabac, ainsi que certaines maladies comme le diabète, peuvent affecter significativement la fertilité masculine et réduire les chances de conception du couple.
Pour le Dr Beauvais, l'infertilité n'est pas systématiquement synonyme de recours à la procréation médicalement assistée. Il affirme qu'environ 90% des causes observées en Haïti peuvent être traitées simplement, par un traitement d'infection ou par des conseils sur le bon moment des rapports par rapport à l'ovulation. Lorsque les cas sont plus complexes, l'insémination intra-utérine, la chirurgie des fibromes ou la fécondation in vitro peuvent être envisagées.
Fondateur du Centre haïtien d'investigation et de traitement avancé de l'infertilité (CHITAI) créé il y a près de 20 ans, le Dr Beauvais poursuit son engagement à travers l'Institut haïtien de fertilité (IHF). Affecté par l'insécurité, le projet a été réorganisé pour élargir l'accès aux soins dans plusieurs régions. Si l'infertilité a des origines multiples, elle n'est pas une fatalité à condition d'en identifier précisément la cause.
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