Le président américain Donald Trump a donné son accord au renforcement de la présence militaire du Salvador en Haïti, à la suite d'un échange téléphonique avec son homologue Nayib Bukele mardi.
C'est ce que révèle une enquête publiée jeudi 30 octobre par le média américain Axios. Selon le site d'information, le dirigeant salvadorien voulait s'assurer du soutien de Washington avant d'intensifier son engagement militaire dans le pays, et ce avec l'accord des autorités haïtiennes.
Le Salvador a annoncé mercredi le déploiement de 2 000 militaires supplémentaires pour renforcer les opérations contre les gangs armés et rechercher quatre techniciens de l'aviation militaire salvadorienne disparus depuis le 18 octobre. Ces derniers auraient été pris dans une embuscade à Croix-des-Bouquets.
Des sources citées par Axios évoquent la possibilité de porter les effectifs salvadoriens à 4 000, voire 6 000 soldats sur le sol haïtien. Cette montée en puissance intervient dans un contexte de reconfiguration du dispositif sécuritaire international en Haïti. La Force de répression des gangs (GSF), soutenue par les Nations Unies, a été mise en place pour combattre les groupes armés. Les forces salvadoriennes, qui participent à cette mission, mèneraient toutefois certaines opérations parallèlement aux activités de la société privée de sécurité Vectus Global, dirigée par Erik Prince, selon Axios.
La disparition des quatre militaires salvadoriens a contribué à durcir le discours de Nayib Bukele contre les gangs. Le 21 octobre, le président salvadorien avait affirmé que son pays n'était pas venu en Haïti pour de l'argent, mais pour combattre les groupes armés.
D'après Axios, Nayib Bukele avait également proposé à l'administration Trump que le Salvador joue un rôle plus important dans la pacification d'Haïti, avec un soutien américain. Washington aurait cependant refusé une demande de matériel militaire comprenant notamment des drones et des avions de transport.
Ce renforcement militaire survient alors que les précédentes initiatives internationales n'ont pas permis de rétablir la sécurité. Le président républicain de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Brian Mast, a notamment critiqué les résultats de la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya, estimant que son coût élevé ne s'est pas accompagné d'une amélioration de la situation sécuritaire sur le terrain.
0 Commentaire