LÉOGÂNE, 29 Août 2026 – La menace est à ses portes et la ville ne veut pas céder. Face à la progression des mouvements de bandits qui encerclent la Cité d'Anacaona, la Mairie de Léogâne a décrété l'état d'urgence sécuritaire ce vendredi. Dans un communiqué officiel intitulé "Sou sitiyasyon menas ensekirite a", l'administration municipale annonce 10 dispositions légales immédiates pour protéger son territoire et sa population.
Au cœur du dispositif, un couvre-feu strict. Désormais, toute circulation de véhicules est suspendue de 10 heures du soir à 5 heures du matin. Les habitants eux-mêmes devront obligatoirement circuler avec une pièce d'identité, tandis qu'une interdiction formelle est faite aux chauffeurs de motos et de voitures de porter des cagoules ou de circuler avec des vitres teintées. Une mesure visant directement les tactiques d'infiltration utilisées par les gangs armés.
La Mairie serre également la vis sur le contrôle du territoire. Tout propriétaire de moto ou de voiture devra obtenir une autorisation de la Mairie pour permettre à une autre personne de conduire son véhicule. Plus sévère encore, tout contrat de location de maison devra être enregistré à la Mairie, et chaque citoyen aura l'obligation d'informer les autorités municipales s'il héberge quelqu'un chez lui, que ce soit pour une courte ou une longue durée.
La vie nocturne et religieuse est directement touchée. Toutes les activités religieuses, y compris les cérémonies vodou, les services d'église et les veillées mortuaires, devront s'arrêter à 10 heures du soir. Dans la même logique, tous les clubs, restaurants, bars, hôtels et autres espaces de divertissement devront fermer leurs portes à la même heure, transformant radicalement le quotidien de cette commune de plus de 200 000 habitants.
Pour faire respecter ces mesures, la Mairie annonce le déploiement imminent de patrouilles. La Mairie et les autres instances concernées mettront des témoins dans les rues pour observer l'espace pendant le temps nécessaire, précise le communiqué. En clair, un système de surveillance de proximité associant forces de l'ordre et brigadiers.
Le ton se veut sans équivoque sur la question de la complicité. La police arrêtera tout citoyen qui cache une personne ayant commis des actes de banditisme chez lui. La Mairie parle de recel et promet une tolérance zéro, signe que l'administration craint une infiltration silencieuse de ses quartiers par des membres de gangs fuyant les opérations à Port-au-Prince et Gressier.
Enfin, l'administration municipale appelle à l'union sacrée. Elle dit compter sur la collaboration de toute la population, spécialement des forces de l'ordre et des brigades, pour faire respecter ces mesures. À Léogâne, ville carrefour entre le Sud et l'Ouest, l'enjeu est crucial : empêcher que la cité ne tombe à son tour, après Cabaret et Gressier, sous le contrôle des groupes armés.
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