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Diplomatie

Massacre à Kenscoff : Haïti exige 5 500 soldats pour la FRG devant le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence à New York après l’attaque sanglante menée par des gangs armés à Kenscoff, à la périphérie de Port-au-Prince, qui a fait plusieurs dizaines de morts et des prises d’otage. Les exposés du chef du BINUH et du responsable des affaires humanitaires ont mis en lumière l’extrême gravité de la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti.

Le représentant d’Haïti à l’ONU, l’Ambassadeur Pierre Ericq Pierre, a dénoncé des "actes d’une extrême barbarie" démontrant la capacité de terreur des groupes criminels, malgré les efforts considérables de la Police Nationale et des Forces Armées d’Haïti, pleinement mobilisées sur le terrain avec l’appui de la Force de répression des gangs (FRG). Il a réclamé une réponse "rapide, coordonnée et résolue" de la communauté internationale.

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Au cœur de son plaidoyer, l’accélération du déploiement de la FRG pour atteindre son effectif complet de 5 500 hommes. Pierre Ericq Pierre a révélé que la Côte d’Ivoire, la Mongolie et le Tchad ont déjà signé des accords avec Haïti pour rejoindre la Force, tandis que des démarches sont en cours pour finaliser dans les prochains jours les accords avec le Bangladesh, le Guatemala, la Jamaïque et le Sri Lanka.

Le diplomate haïtien a également exhorté la communauté internationale à renforcer l’application de l’embargo sur les armes, conformément à la résolution 2653 (2022), afin de tarir les flux d’armes et de munitions qui alimentent la violence des gangs. Un appel soutenu par les grandes puissances, condition indispensable selon lui pour rétablir durablement la sécurité, restaurer l’autorité de l’État et créer les conditions pour la tenue des élections.

Solidaire, la représentante des États-Unis, Jennifer Locetta, a martelé que "les terroristes ne peuvent pas prendre la démocratie en otage". Elle a appelé à condamner ces actes odieux, à déployer le plus rapidement possible les troupes promises à la FRG, à contribuer à son fonds d’affectation et a demandé au Conseil de renouveler le mandat de la Force dès le mois prochain.

Pour la France, par la voix de Jay Dharmadhikari, la situation incontrôlée exige de répondre à l’urgence du rétablissement de l’État de droit tout en renforçant les sanctions. Constatant que la FRG, créée il y a un an, n’a pas encore pu se déployer pleinement, il a proposé une feuille de route en deux étapes : renouveler le mandat de la FRG en septembre et accélérer le déploiement, puis renouveler le régime de sanctions en octobre en l’étendant aux soutiens politiques et financiers des gangs.

Enfin, le Brésil, représenté par Norberto Moretti, a apporté une nuance cruciale en rappelant que la crise haïtienne ne peut être appréhendée sous le seul angle sécuritaire. Selon lui, elle est désormais structurée par des économies criminelles, le contrôle de nœuds logistiques et l’extorsion. Pour inverser la dynamique, il faut combiner maintien de l’ordre, renforcement institutionnel, résilience communautaire et alternatives économiques pour les jeunes vulnérables au recrutement armé.

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