Il ne pouvait plus se cacher. L'ancien Premier ministre Jean-Henry Céant, hué et pris à partie au Cap-Haïtien ce samedi 29 Août, lors d'un rassemblement du regroupement du pouvior en place (Viktwa) selon plusieurs témoins, vient de goûter à la colère populaire qu'il a lui-même contribué à nourrir. Comment s'étonner de cet accueil hostile? Cet homme ne parle plus au nom du peuple. Il parle au nom d'un système qui a mis Haïti à genoux.
Sanctionné par le Canada et soutenu par les États-Unis dans la condamnation : Les faits sont têtus. Le 20 novembre 2022, l'ambassadeur canadien en Haïti, Sébastien Carrière, a confirmé officiellement : "L'ex président Michel Martelly, les anciens premiers ministres Laurent Lamothe et Jean Henry Céant sont sanctionnés par le gouvernement canadien" pour avoir financé les gangs en Haïti.
Le gouvernement canadien a été clair dans son communiqué : ces sanctions ont été prises en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti, en réponse à "la conduite inacceptable de membres de l'élite politique haïtienne qui apportent un soutien financier et opérationnel illicite à des gangs armés". Les États-Unis ont immédiatement soutenu Ottawa : "Nous soutenons notre partenaire le Canada qui a imposé des coûts aux individus qui incitent à la violence et aux troubles en Haïti".
Selon les documents officiels, ils sont accusés de "menacer la paix, de financer les activités des gangs armés notamment en armes et en munitions et de perpétuer des actes de corruption afin de consolider leurs propres intérêts personnels". Sanctions : gel des avoirs, révocation de visa, interdiction de voyager.
Cap-Haïtien a dit tout haut ce que tout le pays pense tout bas : De septembre 2018 à mars 2019, Jean-Henry Céant a dirigé un gouvernement qui a laissé le pays s'enfoncer. Aujourd'hui, l'ULCC recommande des poursuites pour soupçons de détournement dans un dossier de logements pour policiers – des policiers qui meurent aujourd'hui faute de moyens face aux gangs que son réseau aurait financés.
La boucle est bouclée. Et le peuple du Cap l'a compris : Quand un ancien Premier ministre sanctionné pour financement de gangs ose se présenter devant une population qui fuit ces mêmes gangs, l'hostilité n'est pas de la violence. C'est de la mémoire. C'est de la dignité. Le gouvernement haïtien a d'ailleurs annoncé en février 2025 qu'il allait poursuivre toutes les personnes sanctionnées par les États-Unis, le Canada et l'ONU.
Ces sanctions sont des mesures administratives et politiques prises par le Canada et appuyées par les États-Unis. Elles reposent sur des soupçons de financement de gangs et ne constituent pas une condamnation pénale définitive par un tribunal haïtien. L'ancien Premier ministre conteste ces accusations.
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