Des élus américains montent au créneau. Dans une lettre datée du 27 août 2026 adressée à John Thune, chef de la majorité au Sénat, et à Chuck Schumer, chef de la minorité, ils appellent à inscrire d’urgence à l’ordre du jour le projet de loi H.R. 1689, qui vise à rétablir le Statut de protection temporaire (TPS) pour Haïti.
Adopté en avril 2026 à la Chambre des représentants avec un soutien bipartisan, ce texte permettrait de préserver les protections pour plus de 300 000 ressortissants haïtiens aux États-Unis. Un filet de sécurité vital depuis la fin de la désignation TPS en juillet 2026.
Dans leur courrier, les parlementaires décrivent une Haïti à genoux : violences généralisées, instabilité politique chronique et effondrement des services essentiels. Ils soulignent que les groupes armés contrôlent désormais une grande partie de Port-au-Prince, paralysant les déplacements de la population civile.
Le tableau humanitaire est sombre : plus de cinq millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, rappellent les signataires. À cela s’ajoutent les catastrophes naturelles récurrentes – séismes, ouragans, inondations – qui ont achevé de détruire des infrastructures déjà fragilisées.
Selon eux, renvoyer des Haïtiens dans ces conditions les exposerait à des risques majeurs de faim, de blessures et de violences. Le TPS, par définition, est fait pour protéger les ressortissants de pays confrontés à des conditions extraordinaires, qu’il s’agisse de conflits armés ou de désastres environnementaux.
Le projet H.R. 1689 vise précisément à rétablir cette protection, permettant à ses bénéficiaires de vivre et travailler légalement aux États-Unis sans crainte d’expulsion. Une mesure déjà à l’origine de deux vols d’expulsion vers Cap-Haïtien depuis juillet, selon nos informations.
Enfin, les élus insistent sur l’apport des Haïtiens bénéficiaires du TPS dans leurs communautés, notamment dans le Massachusetts et le Delaware. Ils demandent que le vote sur le H.R. 1689 devienne une priorité dès la reprise des travaux parlementaires en septembre. Le sort de 300 000 familles se joue au Sénat.
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