C'est une sortie qui fait grand bruit. Lors de la cérémonie d'adieu organisée ce 28 août au Ministère des Affaires Étrangères (MAE) en son honneur, l'Ambassadeur de France en Haïti, Antoine Michon, a déclaré que les conditions ne sont pas réunies pour organiser les élections cette année.
Une déclaration lourde de sens, qui contraste frontalement avec le discours officiel. À cette même occasion, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué l'engagement de la France aux côtés d'Haïti et réaffirmé la volonté de son gouvernement de poursuivre les efforts en vue des élections annoncées pour fin 2026.
Le malaise est devenu évident quelques heures plus tard. Diffusée en direct sur les plateformes officielles du MAE, la vidéo de la cérémonie a ensuite été retirée, avant d'être remise en ligne dans une version « corrigée » où l'intervention de l'Ambassadeur a tout simplement disparu, selon le média Ted'Actu.
Cette déclaration de l'Ambassadeur français n'est pas isolée. En février dernier sur RFI, Antoine Michon avait déjà confié qu' "il est très difficile d'organiser un processus électoral dans les conditions actuelles". Un constat partagé par de nombreux diplomates, alors que le pays reste gangréné par les gangs et que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition touche à sa fin.
En fin de mission après deux ans en Haïti depuis août 2024, Antoine Michon, qui sera remplacé en septembre par Gautier Lekens nommé par décret le 10 août, laisse un bilan sans filtre. Il avait notamment pointé du doigt l'impunité des personnalités sanctionnées par l'ONU et la non-ouverture d'enquêtes par la justice haïtienne.
Le gouvernement, de son côté, maintient le cap électoral. Le CEP vient d'annoncer l'agrément de 105 structures politiques, tandis que le décret électoral du 2 juin 2026 sert désormais de référence. Mais cette censure d'une vidéo officielle pose une question majeure sur la transparence du processus.
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