Le 27 août 2025, le tribunal provincial de Bioko a condamné Baltasar Ebang Engonga, ancien directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), à huit ans de prison ferme et à une amende de 125,4 millions de francs CFA (environ 190 000 euros). Cette peine fait suite à une affaire mêlant détournement de fonds publics et diffusion de sextapes ayant provoqué un scandale national.
Surnommé « Bello », Ebang Engonga était poursuivi aux côtés de cinq autres hauts responsables pour avoir indûment perçu des fonds publics sous prétexte de frais de mission et de déplacement déjà pris en charge par l’État. Les sommes détournées varient entre 5 et 125 millions de francs CFA, selon le verdict du tribunal, rapporté par Jeune Afrique.
Soulignons que cette affaire a éclaté fin 2024 avec la diffusion sur les réseaux sociaux de plusieurs vidéos intimes du fonctionnaire, enregistrées dans divers lieux, dont son propre bureau au ministère des Finances. Ces contenus, largement partagés en ligne, ont choqué l’opinion publique et entraîné des restrictions temporaires d’accès à internet imposées par les autorités.
La médiatisation massive de ces images a donné lieu à des détournements humoristiques et même à l’invention d’un produit fictif surnommé « Balthazariem », présenté comme un aphrodisiaque.
Âgé d'une cinquantaine d'années, marié et père de famille, Baltasar Ebang Engonga est aussi le fils de Baltasar Engonga Edjo, président en exercice de la Commission de la CEMAC. Cette dimension familiale donne à l’affaire une portée politique particulière, dans un pays régulièrement secoué par des scandales de corruption impliquant les élites.
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