La Platfòm Fron pou Rebati Ayiti (PFRA) a réagi à la disparition, le 18 octobre 2026 dans la zone de Santo à Croix-des-Bouquets, de quatre techniciens de l'aviation salvadorienne déployés au sein de la Force de répression des gangs (FRG/GSF) autorisée par les Nations Unies. Dans une note de presse signée de son coordonnateur Fitz-Evens Polony, la structure dit prendre acte de l'événement et condamne solennellement leur enlèvement par des groupes armés, affirmant que rien ne saurait justifier une prise d'otages.
La PFRA revient surtout sur la déclaration du président salvadorien Nayib Bukele, qui a averti les groupes armés haïtiens que « l’attaque d’aujourd’hui n’est rien comparée à ce qui vous attend ». Pour la plateforme, cette phrase nécessite une clarification formelle. Elle s’interroge : s’agit-il d’une menace d’intervention militaire unilatérale sur le territoire de la République d’Haïti ? Un point que la PFRA juge extrêmement sensible au regard du droit international.
En réponse, l'organisation rappelle un principe fondamental : seule une action menée dans le cadre du mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, en coordination avec les autorités haïtiennes, peut être légitime sur le sol haïtien. Toute initiative en dehors de ce cadre serait, selon elle, une violation de la souveraineté nationale.
Tout en condamnant l’enlèvement, la PFRA appelle le président salvadorien à faire preuve de retenue. Elle rappelle à Nayib Bukele l’histoire de la République d’Haïti, première nation noire indépendante issue d’une révolution anticoloniale victorieuse, qui a payé au prix fort son refus de toute domination étrangère. Pour la plateforme, le peuple haïtien rejette toute forme de colonisation, sous quelque prétexte que ce soit, y compris celui de la lutte contre la criminalité.
La note critique également le bilan de la force internationale présente en Haïti depuis près de deux ans. La PFRA constate que cette force autorisée par l’ONU n’a engagé aucune réforme approfondie des forces de sécurité haïtiennes, alors que le renforcement des capacités de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAdH) devrait constituer la priorité de ce mandat.
Selon la plateforme, sans une PNH et une FAdH capables d’assurer durablement la sécurité, l’assistance internationale reste précaire et des incidents comme celui de Santo risquent de se reproduire. Elle plaide pour un transfert réel de compétences plutôt qu’un déploiement étranger permanent.
La PFRA réitère enfin son attachement à la souveraineté nationale et à la dignité du peuple haïtien, tout en exigeant la libération sans condition des quatre militaires salvadoriens.
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