Le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) est en pleine tourmente. En l'espace de quelques heures ce samedi 25 septembre 2026, deux cadres ont annoncé leur démission, fragilisant la formation à moins de trois mois des élections générales du 13 décembre.
D'abord, c'est Me Cimonus JN Phito, Responsable Politique du Département de l'Ouest, le plus grand bastion électoral du pays, qui a remis sa lettre à la Direction Nationale. L'avocat évoque des « considérations personnelles et politiques » et annonce qu'il poursuit son engagement « sous une autre orientation ». Sa démission, sobre et sans attaque frontale, laisse déjà un vide dans l'Ouest.
Quelques heures plus tard, un second départ, beaucoup plus fracassant. Joseph Harold Pierre, figure intellectuelle du parti, claque la porte en dénonçant une dérive antidémocratique. Dans sa lettre faite à Port-au-Prince, il affirme avoir été victime d'une « campagne de dénigrement lancée à mon encontre sur les réseaux sociaux » après avoir simplement demandé le respect des statuts.
Au cœur de sa dénonciation : la primaire avortée du 17 septembre. Selon lui, « la primaire n'a pas eu lieu : le président du parti a été désigné par acclamation ». Il qualifie la situation d'« Anomalie d'une grande déraison » et estime que cette affaire met à nu « le niveau de notre culture démocratique, plus précisément celui du parti EDE ». Pour lui, qui a voulu faire respecter l'article 19 de la Charte du parti, les éléments avancés contre lui « ne résistent même pas aux analyses les plus élémentaires ».
Loin de se présenter comme une victime naïve, Joseph Harold Pierre précise : « Certains m'ont qualifié de naïf. En réalité, je ne le suis pas. Personne ne pourrait croire que quelqu'un qui ne s'est pas porté candidat à une élection puisse en être le gagnant. » Il assure qu'il ne cultivera pas la méfiance, qu'il continuera à faire confiance aux gens, attitude nécessaire à la construction sociale et politique du pays.
Il remercie tous ceux qui l'ont soutenu dans ce « combat pour le respect des principes en vue de l'émergence d'une culture démocratique en Haïti », et conclut sur une note qui annonce la suite : « Ma lutte pour une nouvelle Haïti ne fait que commencer. Je vous annoncerai les prochaines étapes. Vive Haïti ! Vive la vérité et la transparence ! Vive la consolidation de nos institutions ! »
Ces deux démissions simultanées sont un signal d'alarme pour EDE. Perdre l'Ouest et perdre une voix intellectuelle qui parle de transparence et de respect des institutions, au moment où le parti doit enregistrer ses 30 000 membres et ses candidats en ligne, pourrait coûter cher. La direction nationale du parti n'a pas encore réagi officiellement.
0 Commentaire