Une déclaration devant le Conseil de sécurité qui provoque une onde de choc dans la diaspora. Le mouvement citoyen Nou Bouke a exigé, ce 21 juillet 2026, la démission de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, après son intervention la veille à New York.
Dans une note de presse datée de Paris, le mouvement dénonce des propos "mensongers, faux et déconnectés" de la réalité haïtienne. Devant les membres du Conseil, la cheffe de la diplomatie avait affirmé qu' "Haïti est aujourd'hui plus près qu'elle ne l'a été depuis des années de rétablir la sécurité et d'organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participatives".
Pour Nou Bouke, cette phrase relève de la falsification. L'organisation rappelle que plus de 1 600 personnes ont été tuées au cours du premier trimestre de 2026 et que le pays compte désormais près de 1,5 million de déplacés internes, un seuil historique. À Kenscoff, pris en exemple, au moins 262 personnes ont été tuées, 66 blessées, près de 190 maisons incendiées et plus de 3 000 habitants forcés à fuir. De nouvelles attaques auraient encore déplacé 5 840 personnes.
Le mouvement pointe également la fermeture prolongée de l'aéroport international Toussaint Louverture pour raison d'insécurité, malgré les multiples mobilisations de la diaspora pour exiger sa réouverture, comme preuve que les conditions minimales de sécurité ne sont pas réunies.
Au-delà du discours onusien, Nou Bouke dresse un réquisitoire contre le bilan de la ministre. Il l'accuse de n'avoir obtenu aucun résultat concret pour la protection des Haïtiens vivant à l'étranger, alors que les expulsions massives vers Haïti se poursuivent et que le Temporary Protected Status (TPS) est menacé aux États-Unis.
Le mouvement dénonce surtout le silence de la chancellerie face à la situation en République dominicaine, où des milliers de compatriotes seraient victimes "d'expulsions massives, de traitements inhumains, de discriminations raciales et d'humiliations répétées", sans réponse diplomatique à la hauteur. "En présentant une réalité falsifiée devant le Conseil de sécurité, Madame Forbin a porté atteinte à la crédibilité d'Haïti. Elle méprise la souffrance de millions d'Haïtiens qui vivent chaque jour sous la menace des groupes armés, de la faim, des déplacements forcés et de l'abandon de l'État", écrit Nou Bouke.
Pour ses coordonnateurs Farah Maître et Moïse Eugène, une ministre qui choisit "le mensonge, la manipulation et le mépris" ne peut plus représenter le pays à l'international. Le mouvement conclut qu'Haïti "mérite une diplomatie courageuse, responsable, transparente et entièrement consacrée à la défense des intérêts du peuple haïtien".
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