Le Professeur Dieuseul Prédélus, Recteur de l’Université d’État d’Haïti et Président du Comité National Haïtien de Restitution et de Réparation (CNHRR), a relancé à la Sorbonne le débat sur la « double dette » imposée à Haïti par la France. Il a appelé à une restitution et à une réparation historiques pour son pays.
Devant un public composé d’universitaires, d’intellectuels et de membres de la diaspora haïtienne, le mardi 16 décembre 2025, il a déclaré : « La restitution que nous réclamons n’est pas une faveur, c’est un droit ». Pour lui, cette démarche dépasse la vengeance ou le règlement de comptes : elle est une exigence de justice et de dignité.
Revenant sur l’histoire, le Professeur Prédélus a rappelé que, sous la menace des canonnières françaises, Haïti avait été contrainte de verser une indemnité colossale aux anciens colons et de contracter des emprunts à des taux usuraires. Cette dette historique a freiné le développement du pays pendant plus d’un siècle, chaque école, route ou hôpital manquant portant encore la trace de cette spoliation. Les estimations situent aujourd’hui sa valeur entre 21 et 115 milliards de dollars américains.
Il a également salué les avancées récentes en France, citant la création d’une commission mixte d’historiens franco-haïtiens et la résolution de l’Assemblée nationale française du 5 juin 2025. Le Professeur Prédélus a présenté la feuille de route du CNHRR pour 2026, comprenant la création de sous-groupes de travail, l’organisation de colloques scientifiques, l’octroi de bourses de recherche et l’ouverture d’une chaire universitaire dédiée à la double dette.
Pour conclure, il a lancé un appel vibrant à l’unité nationale et à la mobilisation internationale : « Pour Haïti, il s’agit de dignité retrouvée et de développement enfin possible. Pour la communauté internationale, c’est l’occasion de réparer une injustice historique ». Il a insisté sur le fait que cette lutte dépasse tous les clivages et touche à la mémoire et à la justice historique.
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