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Russie : l’opposant Boris Nadejdine, qui avait tenté d’être candidat à la présidentielle en 2024, arrêté à Moscou

L'opposant russe Boris Nadejdine, qui avait tenté d'être candidat à la présidentielle 2024 et se préparait à faire campagne pour les législatives de septembre, a été arrêté lundi à Moscou pour des accusations d'«extrémisme», a-t-il annoncé. «La police est arrivée. Ils m'emmènent au commissariat», a écrit Boris Nadejdine à la mi-journée sur Telegram.

Vers 16h 30 a été publié sur son compte le procès-verbal établi à son encontre, le mettant en cause pour «démonstration de symboles extrémistes» pour une vidéo de 2023, dans laquelle figure une photo de l'opposant depuis décédé Alexeï Navalny. Boris Nadejdine a par ailleurs indiqué qu'il était «emmené au tribunal». L'ancien député libéral de 63 ans, qui fait partie des rares à critiquer publiquement Vladimir Poutine et l'offensive russe en Ukraine sans être en prison ou en exil, avait été classé «agent de l'étranger» vendredi, selon l'agence de presse étatique Tass.

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L'infraction administrative lui fait encourir 15 jours d'arrestation, a indiqué Tass lundi. Boris Nadejdine était en train de rassembler les signatures nécessaires afin de candidater pour la Douma, la chambre basse du Parlement russe, aux prochaines législatives en septembre. Il avait déclaré la semaine dernière que sa classification comme «agent de l'étranger» ne le freinerait pas et qu'il prévoyait de contester cette qualification «idiote» en justice.

«Je suis le seul candidat d'opposition indépendant en Russie qui recueille des signatures», a-t-il déclaré dans une vidéo sur Youtube. Il y critiquait directement Vladimir Poutine. «Les conséquences de la guerre sont évidentes pour tout le monde», affirmait-il, citant la «crise du carburant» causée par les frappes de drones ukrainiens et l'inflation.

«La voie sur laquelle Poutine mène le pays depuis toutes ces années, 25 ans de pouvoir, est un chemin de militarisation, d'isolationnisme et d'autoritarisme», disait-il. «C'est un chemin qui mène au chaos et - Dieu nous en garde - à l'exemple de 1917», ajoutait-il, faisant référence à la révolution russe.

Fin 2023, ce vétéran discret de la vie politique russe s'était lancé dans la campagne présidentielle: il était alors le seul opposant à Vladimir Poutine et à son offensive en Ukraine à se présenter pour le scrutin de mars 2024. Mais en février 2024, la Commission électorale avait rejeté sa candidature, l'instance chargée d'organiser les scrutins, fidèle au Kremlin affirmant avoir trouvé des irrégularités dans les 100.000 signatures d'électeurs recueillies.

Le Placentin avec AFP.

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