Un Colombien de 26 ans a été tué lundi à Biddeford, dans le Maine, après des tirs impliquant des agents de la police fédérale de l’immigration (ICE). L’homme a été identifié par deux organisations de défense des droits humains, la Maine Immigrants’ Rights Coalition et Presente Maine. L’incident, survenu dans cette ville de 22 000 habitants frontalière du Québec, relance le débat sur les méthodes de l’agence chargée d’appliquer la politique migratoire de Donald Trump.
Selon un témoin, Lucas Scott, plusieurs agents de l’ICE ont encerclé une berline blanche lundi matin avant qu’au moins quatre coups de feu ne soient entendus. La scène s’est déroulée dans un quartier résidentiel, où un périmètre de sécurité a été établi. Des images diffusées par les médias locaux montraient un véhicule de la police scientifique stationné à côté d’une tente rouge. Des manifestants opposés à l’ICE se sont également rassemblés sur place dans les heures qui ont suivi.
Les deux associations ayant identifié la victime affirment qu’elle était autorisée à travailler aux États-Unis. « Nous ne laisserons pas cette mort être réduite à une simple note de bas de page dans les statistiques de cette administration », a réagi Crystal Cron, directrice exécutive de Presente Maine. Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépend l’ICE, n’avait pas encore commenté publiquement lundi soir.
La gouverneure du Maine, Janet Mills, a indiqué que la police de l’État collaborait avec les autorités fédérales pour établir les circonstances exactes du drame. Le FBI a confirmé l’ouverture d’une enquête. Le sénateur du Maine Angus King a déclaré s’être entretenu avec le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, qui lui aurait indiqué que la victime faisait l’objet d’un mandat d’arrêt lié à son statut migratoire. M. King a réclamé une « enquête complète, transparente et ouverte ».
Le maire de Biddeford, Liam LaFountain, a exprimé son inquiétude face à l’émotion suscitée par l’événement. « Une personne est morte, et ses proches ainsi que les habitants de notre communauté méritent des réponses claires sur ce qui s’est passé », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Je mesure la peur et l’incertitude qu’un incident d’une telle ampleur a suscitées dans notre ville », a-t-il ajouté.
Ce décès intervient une semaine seulement après qu’un agent de l’ICE a abattu un ressortissant mexicain au Texas, un autre épisode qui avait déjà provoqué une vague d’indignation. Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsions massives voulue par Donald Trump, les agents de l’ICE, souvent lourdement armés et masqués, sont régulièrement critiqués pour leurs méthodes jugées agressives. Deux citoyens américains ont également été tués par balle cette année à Minneapolis lors d’opérations impliquant l’agence.
La multiplication des incidents meurtriers place l’ICE sous une pression croissante, alors que l’administration Trump défend une ligne dure sur l’immigration. Des élus démocrates et républicains du Maine, ainsi que des organisations de défense des droits humains, exigent désormais des comptes et une révision des protocoles d’intervention. L’enquête fédérale devra déterminer si l’usage de la force était justifié et si la victime représentait une menace au moment des tirs.
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