Ils devaient reprendre le chemin de l'école le 7 septembre comme tous les élèves du pays. Mais les 632 enfants de l'École nationale République du Paraguay sont toujours à la maison. Leur école n'existe plus. Pas détruite par un séisme, mais chassée par les gangs de Carrefour-Feuilles.
Anio Pierre, le directeur, n'a plus de bureau. Depuis deux ans, il court après un local. « On a été baladés partout », confie-t-il ce vendredi sur Panel Magik. Fernand Prospère, Massillon Coicou, Anténor Firmin, puis Colbert Lochard... La République du Paraguay n'est plus une école, c'est une école fantôme qui squatte des salles prêtées.
L'an dernier, l'État avait loué un espace pour stabiliser l'année scolaire 2025-2026. Le contrat est fini. Le propriétaire a repris son bien. Résultat : en cette rentrée 2026-2027, 632 élèves se retrouvent sans adresse scolaire.
Le problème dépasse ce seul établissement. Selon le REDIENAH que dirige Anio Pierre, ce sont plus de 15 écoles nationales sur 200 qui vivent la même errance à Port-au-Prince. Les noms reviennent : Fritz Pierre-Louis, Darius Denis, Argentine Bellegarde. Toutes ont fui l'insécurité et n'ont jamais pu revenir.
La conséquence est directe dans les salles de classe d'emprunt. « On a constaté des déperditions scolaires », admet le coordonnateur. Des élèves qui abandonnent, fatigués de changer d'école chaque trimestre. Des enseignants qui ne peuvent plus assurer tous leurs cours, épuisés par les distances entre les sites d'accueil provisoires et leur domicile.
Certains professeurs ont réduit leur présence à deux ou trois jours par semaine. Pas par négligence, mais parce que le local du jour se trouve à l'autre bout de la capitale. L'école fonctionne au ralenti, à coups d'arrangements.
Anio Pierre refuse pourtant de baisser les bras. Il lance un appel pressant au MENFP : « Trouvez-nous un local. Vite. » Car chaque semaine sans école fixe est une semaine de retard qui creuse un peu plus l'écart entre ces enfants déplacés par l'insécurité et le reste du pays qui, lui, a déjà commencé son année scolaire.
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