La hausse des prix des produits pétroliers, entrée en vigueur ce lundi 10 août 2026, suscite de nouvelles interrogations dans un pays déjà confronté à une forte pression sur le coût de la vie. Le gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé a choisi ce même jour d'expliquer les raisons de cette décision, lors de la première conférence de presse organisée par le Bureau du Secrétaire d'État à la Communication.
Les échanges ont porté principalement sur l'évolution du marché pétrolier international et ses répercussions sur Haïti, qui dépend des importations pour son approvisionnement en carburant. Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a soutenu que les fluctuations des cours mondiaux rendent nécessaires, selon les autorités, des ajustements des prix sur le marché local, après trois baisses successives.
La question du transport public a également occupé une place importante dans les discussions. Pour accompagner la modification des prix du carburant, le ministère des Affaires sociales et du Travail a publié un tableau précisant les tarifs des différents circuits, dans l'objectif d'encadrer les nouveaux prix et de prévenir les désaccords entre chauffeurs et passagers. À la pompe, la gasoline est désormais fixée à 700 gourdes, le diesel à 770 gourdes et le kérosène à 765 gourdes.
De son côté, le Secrétaire d'État à la Communication, Lucien Jura, a évoqué les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs possibles répercussions sur l'approvisionnement pétrolier. Il a également rappelé la création, en mars dernier, du Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier, appelé à analyser l'évolution du secteur et à formuler des recommandations au gouvernement. Les autorités estiment que l'ajustement actuel doit notamment contribuer à limiter les risques de pénurie et l'extension du marché noir.
Mais au-delà des explications avancées par le gouvernement, c'est la population qui devra concrètement absorber les effets de cette nouvelle hausse. L'augmentation du carburant ne se limite pas au prix affiché à la pompe : elle peut entraîner une progression des coûts du transport et, par ricochet, de nombreux biens et services. À quelques semaines de la rentrée scolaire, cette nouvelle charge vient ainsi s'ajouter aux difficultés quotidiennes de consommateurs dont le pouvoir d'achat demeure déjà fortement éprouvé.
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