Un répit temporaire pour les ressortissants haïtiens. Selon des révélations de Newsweek publiées jeudi, l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) aurait reçu pour instruction de ne pas arrêter, pour le moment, les anciens bénéficiaires haïtiens du Statut de Protection Temporaire (TPS) sur la seule base de l'expiration de cette protection.
D'après deux sources proches du dossier citées par le magazine américain - un responsable actuel de l'ICE et un ancien responsable gouvernemental - les agents sur le terrain auraient été avisés de ne pas entreprendre d'actions coercitives contre les Haïtiens concernés uniquement en raison de la fin de leur TPS. Les deux sources se sont exprimées sous couvert d'anonymat, n'étant pas autorisées à commenter des directives opérationnelles internes.
Cette consigne, si elle est avérée, est toutefois très limitée. Elle ne constitue ni un rétablissement du TPS ni une nouvelle protection juridique. L'une des sources précise d'ailleurs que les Haïtiens faisant déjà l'objet d'une ordonnance définitive d'expulsion restent susceptibles d'être arrêtés dans le cadre des opérations habituelles de contrôle de l'immigration.
La portée réelle de cette directive reste floue. Ni sa durée, ni son application uniforme dans tous les bureaux de l'ICE aux États-Unis ne sont connues. Interrogé par Newsweek, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a refusé de confirmer ou d'infirmer l'existence de cette consigne, indiquant qu'il ne commente pas les opérations en cours ou à venir.
Cette information intervient dans un contexte d'extrême incertitude pour plus de 350 000 Haïtiens aux États-Unis. La protection liée au TPS a officiellement pris fin le 27 juillet 2026, après plusieurs mois de bataille judiciaire. La Cour suprême avait finalement autorisé l'administration Trump à mettre un terme au programme.
Le 5 août dernier, la juge fédérale Ana C. Reyes a enfoncé le clou en confirmant que son ordonnance qui bloquait auparavant la suppression du TPS n'était plus en vigueur, mettant fin aux derniers espoirs juridiques de maintien temporaire.
En clair, la directive interne rapportée par Newsweek ne change rien sur le plan légal. Les anciens bénéficiaires ne récupèrent ni droit de séjour ni autorisation de travail. Elle signale simplement que l'ICE temporiserait dans ses arrestations, le temps pour l'administration de définir sa stratégie d'application. Un répit opérationnel, pas un sursis légal, alors que dans des villes comme Springfield en Ohio, des Haïtiens convoqués ont déjà été placés sous bracelets électroniques.
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