Port-au-Prince, 8 août 2025 – L’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) a mené une mission d’observation de deux jours au commissariat de Delmas 33 et dresse un constat accablant sur les conditions de détention qui y règnent. Entassées dans un espace d’environ 35 mètres carrés, près de 70 personnes, dont un mineur, vivent dans des conditions qui violent de manière flagrante les droits humains les plus fondamentaux.
Selon un rapport publié par l’organisation ce jeudi 7 août 2025, les détenus dorment accroupis ou à genoux, faute d’espace. Un mineur, originaire de La Gonâve, est incarcéré aux côtés d’adultes, en totale contradiction avec les normes de protection de l’enfance.
La majorité des personnes sont en détention préventive depuis plus de 5 à 11 mois, pour des infractions mineures telles que vol, voies de fait ou menaces, sans jugement ni suivi judiciaire.
L’ORDEDH dénonce aussi une absence totale de nourriture et d’eau potable. Les femmes, placées dans des conditions d’hygiène déplorables, souffrent d’infections liées à l’utilisation d’eau insalubre.
Face à ces violations graves, l’ORDEDH appelle à : - La réaffectation des femmes détenues vers le commissariat de Pétion-Ville. - Le transfert des adultes vers des centres de détention appropriés, et non au CERMICOL, réservé aux mineurs. - L’organisation rapide d’assises correctionnelles et criminelles. - L’instauration d’une commission pour les détenus en situation de détention préventive prolongée. - L’amélioration des conditions de détention avec l’accès à trois repas par jour et de l’eau potable.
L’organisation interpelle également l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) pour qu’il intensifie son travail de surveillance, et enjoint le ministère de la Justice et de la Sécurité publique à assumer pleinement ses responsabilités.
L’ORDEDH rappelle que la justice ne saurait être une forme de punition avant jugement, et exige des mesures urgentes pour garantir le respect des droits humains dans tous les centres de détention du pays.
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