Un atelier consacré à la gestion des risques de désastre (GRD) en milieu scolaire s’est achevé le 5 mars 2026 à Port-au-Prince. L’initiative, organisée conjointement par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et la Direction générale de la Protection civile (DGPC), s’inscrit dans les efforts du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour renforcer la résilience du système éducatif face aux catastrophes.
Cet atelier de deux jours visait principalement à relancer un mécanisme de coordination multisectoriel à travers la redynamisation du Comité thématique Éducation et sensibilisation du public. L’objectif est de mieux intégrer la gestion des risques dans les politiques éducatives et dans la vie scolaire, afin de préparer les jeunes générations à faire face aux aléas naturels.
Lors de la deuxième journée de travail, le directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre, a insisté sur le rôle central de l’école dans la diffusion d’une culture de prévention. Selon lui, l’établissement scolaire constitue un espace privilégié pour sensibiliser élèves, enseignants et personnels éducatifs aux comportements à adopter face aux catastrophes. « L’école est la voie la plus sûre pour permettre à la société haïtienne de développer une véritable culture du risque », a-t-il déclaré.
De son côté, le directeur général du MENFP, Yves Roblin, a rappelé que le Plan sectoriel de l’éducation 2020-2030 prévoit des actions importantes pour améliorer la sécurité des infrastructures scolaires. Environ 18 500 établissements ont été recensés dans les dix directions départementales du pays. Des démarches sont actuellement en cours pour reconstruire progressivement ces infrastructures selon des normes parasismiques et anticycloniques.
Le responsable du MENFP a également présenté plusieurs axes d’innovation prévus dans la réforme éducative. Parmi eux figurent le renforcement des compétences linguistiques des élèves, avec l’objectif de maîtriser quatre langues, l’apprentissage des technologies numériques et de l’Internet, l’approche par compétences favorisant la production de connaissances, ainsi que la révision des curricula afin d’y intégrer les notions de gestion des risques de désastre.
Au terme de l’atelier, les institutions participantes ont convenu de relancer le Comité thématique Éducation et sensibilisation du public. Une prochaine rencontre devrait permettre de finaliser les termes de référence du comité, notamment sa composition, son mode de fonctionnement et ses priorités d’action. Plusieurs organisations publiques, universitaires et partenaires de la coopération ont pris part aux échanges, dont le MENFP, la DGPC, l’École nationale de géologie appliquée, l’ÉduPol, la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, la Commission épiscopale pour l’éducation catholique (CEEC), ainsi que des organisations internationales comme Plan International, Save the Children et Catholic Relief Services.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet de gestion des risques et de résilience aux aléas climatiques (PGRAC), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par l’Unité de coordination de projet du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, avec l’ambition de renforcer la préparation des communautés face aux catastrophes naturelles.
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