Plusieurs groupements politiques et civils haïtiens dont EDE, RDNP, UNSMT entre autres, ont publié un communiqué commun ce vendredi 5 juin 2026. Ils y condamnent ce qu'ils estiment être une atteinte à l'autonomie du Conseil Électoral Provisoire et un péril pour le scrutin prévu cette année.
Dans cet écrit baptisé « Déclaration solennelle des forces politiques et sociales de la République pour le salut de la République et la sauvegarde du processus électoral », les signataires soutiennent que la nation traverse l'une des crises les plus graves de son histoire moderne. Selon eux, le pouvoir en place faillit à sa tâche essentielle qui est de sécuriser le pays afin de permettre la tenue d'élections démocratiques, justes et transparentes.
Dans leur communiqué, ils incriminent ouvertement le Chef du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé de vouloir s'accaparer la mainmise sur le processus électoral. Pour eux, l'arrêté ayant transféré certaines attributions du CEP au directeur général de l'organisme représente une disposition anticonstitutionnelle qui nuit à l'équilibre démocratique et relègue le Conseil électoral à un rôle subalterne.
Les parties prenantes soulignent qu'en vertu de l'article 191 de la Constitution, le Conseil Électoral Permanent (CEP) détient la responsabilité exclusive de planifier et de superviser les scrutins avec une impartialité totale. Elles affirment que cette autonomie est un prérequis fondamental pour garantir la transparence et l'intégrité des prochaines consultations électorales.
Les signataires déplorent également le différend actuel entre le gouvernement et le CEP. D'après eux, cette discorde n'est nullement fortuite ; il s'agit plutôt d'une stratégie politique délibérée visant à fragiliser l'institution électorale à l'heure où le pays s'apprête à restaurer l'ordre constitutionnel.
Ces entités exhortent les instances internationales à maintenir leur appui au CEP pour l'exercice de ses mandats constitutionnels. Elles considèrent que l'assistance des intervenants étrangers demeure cruciale pour sauvegarder la légitimité des élections à venir.
Dénonçant une « dérive autoritaire », les acteurs politiques et sociaux appellent à une mobilisation générale (syndicats, société civile, secteur privé, citoyens). Rejetant toute « mascarade électorale », ils exigent l'indépendance immédiate du CEP et la mise en place de conditions garantissant des scrutins sincères et transparents.
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