Les États-Unis ont annoncé lundi qu'ils imposaient des sanctions à l'armée rwandaise, prenant ainsi des mesures contre leur partenaire de longue date qu'ils accusent d'avoir violé un accord de paix en République démocratique du Congo.
En décembre, le président Donald Trump avait réuni les dirigeants du Rwanda et de la République démocratique du Congo pour signer un accord de paix, prédisant un « grand miracle » après des années de violence dans ce vaste pays. Quelques jours plus tard, selon le département d'État, les combattants du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle d'une ville clé en RDC.
Les États-Unis ont déclaré qu'ils imposaient des sanctions à l'encontre de la Force de défense rwandaise (RDF) et de quatre officiers, dont le chef d'état-major de l'armée, Vincent Nyakarundi, affirmant qu'ils avaient joué un rôle déterminant dans les avancées du M23. « Le M23, une entité sanctionnée par les États-Unis et l'ONU, est responsable d'horribles violations des droits de l'homme, notamment d'exécutions sommaires et de violences contre des civils, y compris des femmes et des enfants », a déclaré le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott.
« Le soutien continu des RDF et de leurs hauts responsables a permis au M23 de s'emparer du territoire souverain de la RDC et de poursuivre ces graves violations », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Comme l'a clairement indiqué le président Trump, les États-Unis sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour veiller à ce que la RDC et le Rwanda respectent les promesses de cet accord historique. »
Trump s'était auparavant montré optimiste quant à la collaboration avec le président rwandais Paul Kagame, un dirigeant chevronné qui s'est également montré disposé à accueillir les migrants expulsés des États-Unis, l'un des principaux objectifs politiques de Trump. L'accord de paix de décembre avait été salué par Trump comme un moyen de garantir l'approvisionnement en minerais essentiels provenant de la RDC, riche en ressources. Les sanctions bloqueront tous les avoirs que la RDF ou les quatre officiers détiennent aux États-Unis et criminaliseront toute transaction financière avec eux.
Le Rwanda a nié avoir apporté un soutien direct au M23. En retour, il a exigé que le gouvernement de Kinshasa réprime les militants hutus liés au génocide de 1994 au Rwanda qui visait les Tutsis et les Hutus modérés.
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